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Eugénie Bastié reçoit Natacha Polony et Mathieu Bock-Côté, au fil d’une soirée qui commence par la diffusion du film Sans la liberté de blâmer... sur l’histoire du Figaro.
« Plus on se penche sur l’histoire du Figaro, plus on va se rendre compte qu’il y a un fil conducteur, un leitmotiv, une petite musique. Ce qui me frappe, c’est que cette musique est celle de la liberté de pensée, de la liberté d’opinion, de l’indépendance d’esprit. » Ces mots, le directeur des rédactions du Figaro, Alexis Brézet, les prononce dans le documentaire Sans la liberté de blâmer... Ce film, qui retrace les deux cents ans d’histoire du plus ancien quotidien français, coréalisé par Jean-Louis Remilleux avec Laurent Menec, est diffusé ce soir sur Le Figaro TV juste avant « Le Club Idées ». De quoi nourrir le débat animé par Eugénie Bastié, qui reçoit, justement sur le thème de la liberté des médias, les journalistes Natacha Polony et Mathieu Bock-Côté.
« C’est un débat d’actualité sur un sujet dont on parle beaucoup en raison notamment des propos du président de la République sur la labellisation des médias. Je vais interroger mes invités sur la liberté d’expression dans notre pays, je vais leur demander s’il faudrait, à leur avis, l’améliorer », nous confie la présentatrice, qui poursuit : « Je vais également aborder le pluralisme médiatique : est-ce qu’il existe un vrai pluralisme aujourd’hui dans les médias français ? J’évoquerai avec mes invités la question de savoir si l’hégémonie de la gauche est toujours réelle. Je vais aussi leur parler évidemment du débat entre le service public d’un côté et CNews de l’autre. »
Indépendance d’esprit
Au Figaro, la liberté est résumée dans la fameuse devise du journal « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». « C’est un hommage au personnage des pièces de Beaumarchais parce que, dans Le Mariage de Figaro, le valet Figaro fait un plaidoyer pour la liberté de la presse », explique l’historienne des médias Claire Blandin dans le documentaire. Cette dernière est également commissaire de l’exposition du bicentenaire du journal au Grand Palais, en association avec Guillaume Perrault.
Cette indépendance d’esprit est au cœur du journal dès sa création, le 15 janvier 1826, par Maurice Alhoy et Étienne Arago. Puis Le Figaro évolue tout en conservant sa liberté de ton. « Il faudra attendre Hippolyte de Villemessant, qui va vraiment être le fondateur du Figaro tel qu’on le connaît aujourd’hui, puisqu’il va transformer cette petite feuille hebdomadaire et littéraire en journal quotidien », explique Alexis Brézet dans le film.
« J’ai pas mal étudié la période Villemessant, j’ai fait toute une série d’articles sur le sujet et il est juste de dire que cette époque, entre 1854 et 1874, correspond à un premier âge d’or », souligne Eugénie Bastié, qui ajoute : « Le Figaro est un journal d’ordre, de droite, mais aussi de liberté, et c’est ce qui caractérise son histoire. Villemessant, justement, avait à cœur de faire s’exprimer des voix différentes. À l’époque, il y avait les orléanistes, les légitimistes, les bonapartistes. Aujourd’hui, il existe une vraie continuité, avec cette idée que chaque bord politique a le droit de s’exprimer. Ces dernières années, à travers le service “débats et opinions”, nous disposons d’un espace dans lequel même des voix qui étaient plutôt à gauche s’expriment dans nos colonnes. Je pense à Alain Finkielkraut, mais aussi à Jacques Julliard (1933-2023). C’est un peu un refuge pour la pensée face au sectarisme parfois de la gauche intellectuelle. »
Mais, pour jouir de cette liberté, encore faut-il pouvoir compter sur des propriétaires solides. « Le Figaro a toujours eu la chance d’avoir, au cours de son histoire, des actionnaires qui étaient aussi des entrepreneurs. Villemessant, bien sûr, Hersant, mais aussi et surtout la famille Dassault, dans ces vingt dernières années. Serge Dassault a racheté Le Figaro à la famille Hersant et l’a profondément modernisé en investissant », souligne, dans le documentaire, Marc Feuillée, directeur général du groupe Figaro.


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