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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 12/10/2026 à 01h07

L’Otan souhaite que Moscou mette fin à ce que des responsables occidentaux décrivent comme une campagne «hybride» de sabotages et d’ingérences visant les soutiens de l’Ukraine.
Passer la publicité Passer la publicitéLe commandant suprême des forces de l'Otan en Europe, le général américain Alexus Grynkewich, va adresser lundi un avertissement à Moscou concernant la capacité de l'Alliance atlantique à contrer toute attaque, alors que les inquiétudes grandissent face à la menace russe. Il va présenter sa «théorie de la victoire» sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d'attaque de cette dernière lors d'une conférence sur la sécurité à Varsovie, en Pologne, selon un porte-parole de l'Otan.
Cette initiative intervient alors que l'Otan cherche à adresser un message à Moscou pour qu'elle mette fin à ce que des responsables occidentaux décrivent comme une campagne «hybride» de sabotages et d'ingérences visant les soutiens de l'Ukraine dans sa guerre face à la Russie. Les craintes se sont accrues ces derniers mois, le Kremlin semblant intensifier ses actions après plusieurs incidents très médiatisés, notamment la découverte d'un drone chargé d'explosifs dans un aéroport allemand.
«La théorie de la victoire du commandant suprême des forces alliées en Europe est simple : maintenir l'avantage de l'Otan, ce qui est conforme aux plans de dissuasion et de défense de l'alliance et s'appuie sur eux», a déclaré la semaine dernière le colonel Martin O'Donnell, porte-parole du général américain. «Mais compte tenu d'un environnement de sécurité mondial instable et complexe, nous devons dès maintenant créer les conditions pour dissuader toute agression et, si nécessaire, l'emporter en cas d'attaque», a poursuivi le colonel O'Donnell, soulignant que la «théorie de la victoire» définissait un cadre permettant précisément cela.
En zone grise
L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan), fondée après la Seconde Guerre mondiale, en 1949, pour contrer l'Union soviétique, dissoute en 1991, protège traditionnellement de très près ses plans de défense destinés à contrer une attaque russe. Il est peu probable que l'intervention de M. Grynkewich révèle beaucoup de détails sur la stratégie de l'Otan. Mais elle enverra un signal à Moscou et devrait rassurer les membres du flanc oriental - frontalier de la Russie - de l'Alliance atlantique, qui rassemble aujourd'hui États-Unis, Canada et 30 pays européens.
L'Otan répète avec insistance qu'elle est une alliance défensive et qu'elle n'a aucune intention d'attaquer la Russie. Des responsables occidentaux affirment que les «attaques hybrides» de Moscou deviennent plus dangereuses à mesure que l'armée russe s'embourbe en Ukraine, où elle combat depuis début 2022, et qu'elles risquent de provoquer des pertes humaines considérables.
L'Otan, dont le rôle principal est de dissuader une invasion armée venant de Russie, a eu du mal à trouver comment gérer ces incidents intervenant en zone grise, sous le seuil de ce qui est considéré comme un acte de guerre ou une opération militaire - par exemple un incendie volontaire ou un sabotage. Le chef civil de l'Otan, le secrétaire général Mark Rutte, a appelé les pays membres fin septembre à rester «calmes, continuer comme avant et soutenir l'Ukraine». «Nous ne devons pas être naïfs (...) concernant la Russie, mais nous sommes plus forts et ils le savent», a-t-il ajouté.
Mais cette recrudescence des activités russes survient à un moment de vulnérabilité potentielle pour l'Europe : les États-Unis procèdent actuellement à un réexamen de leur déploiement militaire sur le continent, qui pourrait mener à des réductions des effectifs américains. La décision doit être annoncée à la fin de l'année. Parallèlement, les pays européens renforcent à la hâte leurs forces armées, poussés par le doute quant à la fiabilité des États-Unis de Donald Trump.


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