Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous

Se connecter

Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

L’artiste veut se pourvoir en cassation, a fait savoir samedi l’une de ses avocats. Il avait été condamné à six ans de réclusion criminelle en première instance.

Le chanteur marocain Saad Lamjarred à la cour d’assises de Draguignan (Var), le 11 mai 2026. Le chanteur marocain Saad Lamjarred à la cour d’assises de Draguignan (Var), le 11 mai 2026.

Le chanteur marocain Saad Lamjarred a été condamné en appel samedi 26 septembre à Créteil à dix ans de réclusion criminelle pour viol – une peine plus lourde qu’en première instance. Très populaire au Maroc et dans le monde arabe, l’artiste avait été condamné en 2023 à six ans de prison par la cour d’assises de Paris.

Le chanteur de 41 ans a été condamné avec mandat de dépôt à dix ans de réclusion criminelle pour viol aggravé du fait de son état alcoolisé, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le parquet général, qui avait requis huit ans d’emprisonnement. Un pourvoi en cassation va être formé, a précisé à l’AFP Marie Burguburu, l’une des avocates de l’artiste, qui a clamé son innocence.

Il a été reconnu coupable d’avoir violé en 2016 dans une chambre d’hôtel Laura P., rencontrée dans une boîte de nuit parisienne, âgée de 20 ans au moment des faits et lui de 31. Dans une autre affaire, Saad Lamjarred a été condamné en mai à cinq ans de prison par la cour d’assises du Var, à Draguignan, pour le viol d’une jeune femme en 2018 près de Saint-Tropez. Il a fait appel.

A Créteil, le procès en appel s’est tenu à huis clos, après avoir été reporté en juin 2025 pour conduire des investigations supplémentaires.

Une stratégie de défense « particulièrement agressive »

« Cette peine me paraît s’expliquer notamment par le profil inquiétant de l’accusé, mais aussi par la stratégie particulièrement agressive adoptée » à l’égard de la plaignante, a déclaré à l’AFP David Chemmi, l’un de ses deux avocats.

« La remise en cause systématique de sa parole, tout comme les attaques dirigées contre les enquêteurs et les experts, ont manifestement été mal perçues par les jurés. On peut défendre un accusé avec détermination, mais on ne peut le faire en niant ou en méprisant la victime », a-t-il ajouté.

Dans cette affaire, cinq personnes avaient été condamnées en avril pour une tentative d’extorsion contre le chanteur : 3 millions d’euros lui avaient été réclamés pour que la plainte soit retirée et que la plaignante ne vienne pas témoigner devant les assises.

Laura P. avait été relaxée, mais sa mère, une avocate et une influenceuse avaient été condamnées, avec deux autres personnes, à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Le chanteur avait été mis en cause dans des affaires similaires en 2015 au Maroc et en 2010 aux Etats-Unis, où une procédure pour viol et agression sexuelle a été classée après un arrangement financier avec la victime. Il est suivi par plus de 15 millions d’abonnés sur Instagram et près de 16 millions sur sa chaîne YouTube.

Lire le portrait (2019) : Article réservé à nos abonnés Saad Lamjarred, l’étoile ternie de la pop marocaine

Le Monde avec AFP