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Gracié par le président américain il y a un an, Jake Angeli affirme désormais ne plus le soutenir et qualifie son gouvernement de «désastre corrompu». L’ancien émeutier du 6 janvier est aujourd’hui candidat au poste de gouverneur de l’Arizona.
Il était devenu l’un des symboles les plus marquants de l’assaut du Capitole. Ce 6 janvier 2021, Jake Angeli, alias Jacob Chansley, avait fait irruption dans l’enceinte du Congrès américain, torse nu, le visage peinturluré aux couleurs du drapeau américain, coiffé d’une imposante coiffe de bison à cornes noires. Quatre ans jour pour jour après les événements, celui que les médias ont surnommé le «chaman de QAnon» a confirmé, dans une interview accordée à CNN, sa rupture définitive avec Donald Trump.
«Non. Je pensais que vous le saviez», a-t-il répondu au journaliste Donie O’Sullivan qui l’interrogeait sur son soutien au président américain. Le motif de cette rupture ? Le refus de l’administration Trump de publier la liste des clients de Jeffrey Epstein. «Le fait qu’il refuse de divulguer la liste des clients d’Epstein a suffi, pour moi et beaucoup d’autres, à nous dire : "OK, ce sont des conneries"», a-t-il lâché au micro de la chaîne américaine.
Du fervent soutien à la vindicte
En janvier 2025, lorsque Donald Trump l’avait gracié dès son premier jour à la Maison-Blanche, avec plus de 1500 autres personnes condamnées ou inculpées pour l’assaut du Capitole, Jake Angeli avait exulté sur le réseau social X : «J’ai eu ma grâce bébé ! Merci président Trump !!! Maintenant je vais m’acheter des putains de flingues !!!»
Quelques mois plus tard, le ton a radicalement changé. Dans une série de messages incendiaires postés en juillet, l’Arizonien de 38 ans s’en prenait déjà violemment au président et à son administration. «Qu’est-ce que vous pensez qu’Epstein et Israël ont sur Trump ???», écrivait-il alors sur X.
L’ex-détenu, qui a purgé 27 mois de prison sur les 41 auxquels il avait été condamné, pousse désormais la provocation encore plus loin. La preuve : il s’est porté candidat sous l’étiquette «indépendant» au poste de gouverneur de l’Arizona, dont l’élection est prévue en novembre prochain. Il entend notamment lutter contre un système qui, selon lui, est «en guerre» contre la population et favorise une élite ultra-riche. «Toute guerre repose sur la tromperie et le peuple américain est en guerre», alerte Angeli lors d’un entretien téléphonique avec le Times . «Puisque je suis l’une des rares personnes à avoir gardé toute ma tête et à comprendre ce qui se passe réellement dans le monde, il est de mon devoir de faire quelque chose pour résoudre ces problèmes», a-t-il ajouté.
«C’est tout le contraire de ce dont l’Amérique a besoin en ce moment», dénonce-t-il à propos des actions de Trump durant sa première année de mandat. «Ce que j’ai surtout compris, c’est que l’administration Trump ment tout simplement parce qu’elle privilégie Israël, tout comme l’administration Biden a menti pour la même raison. On n’a pas notre propre gouvernement.» Jake Angeli qualifie par ailleurs l’intervention militaire américaine au Venezuela de «vol à main armée d’une nation».
Un profil troublé
Jake Angeli avait été diagnostiqué en 2021 comme souffrant de «problèmes de santé mentale» lors d’une évaluation psychologique ordonnée par le tribunal. Son avocat Albert Watkins avait, durant son procès, décrit devant la cour l’attachement de son client à Trump comme «semblable au premier amour qu’un homme peut ressentir pour une femme».
Chadwick Twillman, un ancien compagnon du 6 janvier avec qui il s’est depuis brouillé, dit pour sa part ne pas adhérer «à ces illusions». «En essayant de le confronter à certains de ces points, en tant qu’ami, pour le ramener à la raison, il s’est enfoncé encore plus dans des théories du complot. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise personne, je pense juste que c’est une âme perdue et désorientée», confie l’homme au Times.
Angeli, lui, reste convaincu de sa mission. En septembre dernier, il a d’ailleurs déposé une plainte de 40.000 milliards de dollars à Phoenix, dans laquelle il affirme être le président légitime des États-Unis et réclame cette somme colossale pour rembourser la dette nationale. Dans cette plainte, rédigée en un seul paragraphe et s’étendant sur 26 pages, il poursuit Donald Trump et d’autres entités, dont la Réserve fédérale, la NSA, le FMI, la Banque mondiale, Israël, X Corp (la société d’Elon Musk), T-Mobile ou encore les studios Warner Bros. L’objectif ? «Sauver mon pays, l’humanité et la planète de l’extinction. C’est la voie que nous suivrons si nous n’avons pas de nouveaux dirigeants.»


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