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Le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, a choisi mardi le député permanent socialiste Jurgen Vanlerberghe (57 ans) pour occuper le poste de gouverneur de Flandre-Occidentale.
Cette nomination, bloquée depuis plusieurs mois faute d'accord entre les trois partis de la majorité flamande (N-VA, Vooruit et CD&V), cristallisait les tensions inhérentes au partage des postes politiques entre formations politiques.
L'enjeu était particulièrement important pour Vooruit. Après dix ans dans l'opposition, le parti socialiste ne disposait plus d'aucun gouverneur en Flandre. Il estimait donc légitime de pouvoir désigner le successeur de Carl Decaluwé, issu du CD&V, alors même que les démocrates-chrétiens comptent de nombreux bourgmestres dans la province.
Les hésitations des démocrates-chrétiens
Le CD&V avait d'abord contesté les prétentions socialistes, faisant valoir qu'il comptait de loin le plus grand nombre de bourgmestres en Flandre-Occidentale.
Le blocage a pris fin lundi, lorsque le parti a officiellement renoncé à revendiquer le poste, ouvrant ainsi la voie à Vooruit.
Selon une source du CD&V, ce renoncement — qui met fin à une tradition vieille de 142 ans — avait toutefois déjà été décidé en interne.
Cela va constituer un fameux changement. Les démocrates-chrétiens fournissent le gouverneur à la Flandre-Occidentale depuis 1884 à l'exception d'une brève interruption pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils colorent d'ailleurs toujours aujourd'hui la vie locale de toute la province. "Un gouverneur rouge dans une province orange", s'est permis de titrer Het Laatste Nieuws.
L'Open VLD et le CD&V ont discuté "concrètement" d'une fusion, révèle Egbert Lachaert : "Pour la N-VA, cela aurait constitué une grande menace"La rumeur d'un possible départ de Cathy Berx, gouverneure d'Anvers, au profit de la N-VA aurait également pesé dans la balance.
De son côté, la N-VA défendait une répartition des fonctions de gouverneur fondée sur le système D'Hondt, qui tient compte des résultats électoraux.
Faute d'accord, le gouvernement flamand de Matthias Diependaele (N-VA) avait reporté sa décision après les négociations budgétaires. Dans l'intervalle, Koen Surdiacourt, chef de cabinet de Decaluwé, assurait l'intérim.
Un compromis avait même été envisagé : attribuer la Flandre-Occidentale au CD&V et réserver à Vooruit le poste de gouverneur de Flandre-Orientale, qui se libérera en 2028. Mais cette fonction revient en principe à la N-VA, ce qui soulevait la question d'une éventuelle compensation pour les nationalistes flamands.
Des tensions au sein de la majorité flamande
La semaine dernière, Matthias Diependaele a finalement tranché en imposant à Hilde Crevits, vice-ministre-présidente du gouvernement flamand et candidate à la fonction, une autre répartition : la Flandre-Occidentale pour Vooruit et la Flandre-Orientale pour la N-VA.
Ce dossier aura une nouvelle fois mis à l'épreuve les relations entre les partenaires de la majorité flamande. Il semble surtout avoir laissé un goût amer au sein du CD&V. C'est un secret de polichinelle : Hilde Crevits ne cache pas son insatisfaction quant au fonctionnement du gouvernement flamand. Elle a néanmoins décidé de rester à son poste.
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