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Le CCTO hausse le ton contre l’usage abusif des attributs traditionnels de l’Ouest

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Le Conseil des Chefs Traditionnels de l’Ouest Cameroun, le CCTO, a publié le 7 mai 2026 depuis Foto une déclaration officielle exprimant son indignation face à la profanation jugée récurrente des symboles sacrés de la culture Bamiléké. Tissu Ndop, peaux de panthère, tabourets, cauris, cornes : des objets autrefois strictement encadrés par la coutume, portés aujourd’hui par n’importe qui, n’importe comment, et sans aucune initiation.

Une déclaration signée, un avertissement clair

Le texte, signé par Sa Majesté Mboumbe Fotso Mitterrand, président exécutif du CCTO, s’adresse aux communautés de l’Ouest vivant au Cameroun et dans la diaspora. Il ne s’agit pas d’une simple mise en garde. Le ton est grave, presque solennel.

Le CCTO dénonce ce qu’il appelle une « cacophonie » qui fragilise, selon ses propres termes, « les fondements mêmes de l’organisation sociale et culturelle héritée des ancêtres ». Les chefs visent des usages qui contournent les règles coutumières, sans initiation, sans autorisation de la chefferie concernée, parfois dans des contextes festifs ou commerciaux qui n’ont rien de traditionnel.

La déclaration ne cite pas de cas précis. On ne sait pas encore si des sanctions coutumières ont déjà été prononcées contre des individus identifiés. Mais le texte prévient : ces usages « ne sont pas sans conséquences sur le plan traditionnel et coutumier. »

Les fils et filles de l’Ouest sont invités à se rapprocher de leurs chefferies supérieures pour recevoir les formations, initiations ou rites de purification nécessaires. Une démarche volontaire, pour l’instant.

Un patrimoine qui déborde de son cadre

Ce n’est pas la première fois que des autorités traditionnelles camerounaises tirent ce genre d’alarme. Mais la portée géographique de cette déclaration, explicitement adressée à la diaspora, dit quelque chose d’important : le problème n’est plus seulement local.

Les réseaux sociaux ont amplifié la circulation des images. Un tissu Ndop peut se retrouver sur une scène de concert à Paris ou dans un clip tourné à Douala, sans que personne n’ait demandé quoi que ce soit à qui que ce soit. C’est un glissement que les chefferies regardent depuis un moment, visiblement avec une patience qui s’épuise.

Le signal est clair. Les chefs de l’Ouest ne demandent pas l’interdiction de ces symboles. Ils demandent le respect du cadre qui leur donne leur sens. Nuance importante.

Reste à voir comment cette déclaration sera reçue, et surtout appliquée, dans des communautés diasporiques où le lien avec les chefferies d’origine est parfois ténu, voire inexistant.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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