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Le caucus environnemental libéral ne prend pas parti pour l’environnement, précise un élu

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Malgré son nom, le caucus environnemental du Parti libéral n’a pas pour mission de promouvoir l’environnement auprès de son chef Mark Carney, précise l’un de ses membres le jour de l’annonce du départ de la vie politique de l’ex-ministre Steven Guilbeault.

« Mon rôle, ce n’est pas nécessairement de favoriser mes propres idées, mais vraiment de mobiliser les autres députés pour avoir des conversations franches », a déclaré le député québécois Eric St-Pierre.

Le nouvel élu dans la circonscription montréalaise d’Honoré-Mercier a accordé une entrevue l’an dernier à Radio-Canada pour annoncer la création d’un caucus dédié à l’environnement au sein du Parti libéral du Canada. Il a, depuis, ignoré toutes les demandes d’entrevue du Devoir.

Voilà qu’il s’est arrêté devant les journalistes parlementaires, mercredi, pour remettre les pendules à l’heure : l’objectif du caucus environnemental se limite en fait à « apporter les députés ensemble » autour de bonnes conversations.

« Si on a un caucus d’auto, par exemple, on va parler des enjeux d’automobiles. Si on a un caucus nucléaire, on parle des enjeux du nucléaire. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’on veut prendre une position ou une autre », a-t-il illustré, poussé dans ses explications par Le Devoir.

Eric St-Pierre ajoute vouloir davantage de données avant de conclure que le Canada échoue à respecter ses cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES), malgré la masse de preuves déjà disponible à cet effet. Le Devoir n’a pu confirmer de manière indépendante le nombre de députés libéraux qui participent aussi à ce « caucus » thématique créé l’automne dernier.

L’engagement du gouvernement libéral envers la protection de l’environnement est de nouveau remis en doute après le départ annoncé de l’ex-environnementaliste passé ministre Steven Guilbeault. Le député montréalais doit annoncer officiellement mercredi après-midi dans un discours en Chambre qu’il quitte la vie politique cet été.

Un bilan contesté

Le Parti libéral du Canada est dirigé depuis l’an passé par Mark Carney, un ex-banquier qui a aussi été envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique. Depuis son arrivée en poste, il a toutefois pris des décisions généralement interprétées comme des reculs sur le plan climatique, comme l’abolition de la « taxe carbone » sur l’essence, la promesse à l’Alberta de construire un nouvel oléoduc ou encore un projet de réforme visant à faciliter la vie des promoteurs de grands projets.

Le dossier du nouveau pipeline, en particulier, avait choqué Steven Guilbeault. Il figure parmi les raisons officielles de son départ.

Qu’à cela ne tienne, le premier ministre nie reculer sur l’enjeu climatique. « On a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de progrès. On a une stratégie de la nature. Nous sommes le seul pays du G7 qui maintient ses engagements internationaux envers le climat », a lâché Mark Carney.

Dans une déclaration écrite pour saluer le legs de Steven Guilbeault, il estime qu’il « partage [son] engagement en faveur de l’ambition climatique, de la compétitivité climatique et de la préservation de l’extraordinaire patrimoine naturel du Canada ». Le premier ministre conclut en assurant que ses décisions « assureront un avenir meilleur à nos enfants et petits-enfants ».

La ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin, s’est arrêtée en chemin vers la réunion du caucus national libéral pour parler aux journalistes, mercredi, mais pour seulement 14 secondes. Elle s’est limitée à dire qu’elle respecte Steven Guilbeault.

Ses collègues François-Philippe Champagne et Mélanie Joly ont été plus loquaces, qualifiant tous deux M. Guilbeault d’« ami ». « Je pense qu’on a fait beaucoup au niveau environnemental », a affirmé Mélanie Joly, réitérant des arguments similaires à ceux de chef quant au bilan libéral en matière de conservation de la nature et des investissements dans les énergies renouvelables et les voitures électriques.

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