NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Ancienne chambre d'impératrice, ce bureau de l'Élysée a vu défiler présidents et conseillers. Entre rivalités, disgrâces et secrets, son histoire est surprenante.
Sur le même thèmeÉlyséeEmmanuel MacronFrançois HollandeArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par Thomas Martin Publié le 25 oct. 2026 à 20h50
Au premier étage du palais de l’Élysée, à Paris, une pièce à l’apparence paisible traîne pourtant une réputation pour le moins inquiétante. Son surnom ? « Le bureau qui rend fou ». Derrière ses hautes fenêtres et sa vue imprenable sur les jardins présidentiels se cache une histoire de pouvoir, de rivalités et de petites manœuvres politiques.
Cette pièce, appelée le « salon d’angle », a notamment accueilli deux conseillers particulièrement influents, Henri Guaino et Aquilino Morelle. Leurs personnalités et leurs parcours ont contribué à forger sa légende. Au point que François Hollande avait fini par laisser le bureau inoccupé.
Mais en 2017, Emmanuel Macron décide de braver sa réputation et de s’y installer. Une histoire racontée notamment par la journaliste Solenn de Royer, dans Le Monde, puis dans l’ouvrage collectif Les Lieux de pouvoir, dirigé par Sébastien Le Fol (Perrin, 2024).
Une ancienne chambre d’impératrice devenue un lieu stratégique
Avant de devenir un lieu de pouvoir, le salon d’angle était une chambre à coucher. Celle du prince Murat, puis de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Située au premier étage de l’aile est du palais présidentiel, la pièce possède quatre grandes fenêtres, une exposition à l’est et au sud et une vue sur le parc de l’Élysée, son bassin et ses marronniers.
Mais son véritable atout n’est pas architectural. Il tient à son emplacement.
Le salon communique avec les espaces proches du bureau présidentiel et ouvre sur l’ancienne salle de bains de l’impératrice Eugénie, permettant de rejoindre les appartements privés. Pendant longtemps, celui qui occupait ce bureau bénéficiait ainsi d’une proximité particulièrement recherchée avec le chef de l’État.
C’est précisément cette situation qui va en faire l’un des espaces les plus disputés du palais.
Quand Henri Guaino s’empare du bureau d’une collaboratrice de Nicolas Sarkozy
L’une des anecdotes les plus savoureuses remonte à mai 2007, lors de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Le prestigieux salon d’angle devait revenir à Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet. Celle-ci y dépose ses affaires avant d’accompagner le nouveau président à Berlin, pour son premier déplacement officiel.
Mais à son retour, mauvaise surprise : Henri Guaino, conseiller spécial du président, a pris possession des lieux.
Selon le récit rapporté par Le Monde, ce dernier avait manqué l’avion pour Berlin et profité de cette absence pour s’installer dans le bureau convoité. Henri Guaino souhaitait ainsi disposer d’un bureau situé au même niveau que celui du secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, afin d’affirmer son rang dans la hiérarchie présidentielle.
Pour se faire pardonner, il aurait ensuite envoyé des fleurs à Emmanuelle Mignon.
Un conseiller, un cireur de chaussures et une disgrâce
Le salon d’angle va ensuite accueillir un autre personnage haut en couleur : Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande. Arrivé au pouvoir en 2012, celui-ci hérite du bureau autrefois occupé par Henri Guaino. Il en modifie la décoration et y reçoit notamment des collaborateurs du président, parfois autour d’un verre.
Mais en avril 2014, le conseiller se retrouve au cœur d’une polémique. Parmi les révélations qui alimentent l’affaire figure le recours à un cireur de chaussures dans une dépendance de l’Élysée. Des soupçons de conflit d’intérêts sont également évoqués. Aquilino Morelle finit par quitter ses fonctions. Les soupçons de prise illégale d’intérêts aboutiront toutefois à un non-lieu.
La disgrâce de ce proche de François Hollande contribue à renforcer la mauvaise réputation du salon d’angle.
C’est dans ce contexte que Vincent Feltesse, ancien conseiller politique du président socialiste, lui attribue cette formule restée célèbre : « C’est le bureau qui rend fou. » Une allusion aux ego et aux comportements de ses précédents occupants.
Emmanuelle Mignon livrera d’ailleurs une remarque tout aussi mordante au Monde : « L’Elysée, de manière générale, rend fou. Surtout les hommes… »
Quant à Aquilino Morelle, il propose une tout autre interprétation : « Pas ceux qui l’occupent mais ceux qui ne l’occupent pas et en rêvent ! » Selon lui, le problème serait donc moins le bureau que la jalousie qu’il suscite.
Un président avait déjà choisi cette pièce pour travailler
Bien avant ces querelles entre conseillers, le salon d’angle avait accueilli un autre occupant prestigieux : Valéry Giscard d’Estaing. À son arrivée à l’Élysée en 1974, le président décide de ne pas s’installer dans le traditionnel salon doré, utilisé notamment par Charles de Gaulle et Georges Pompidou.
Officiellement, il souhaite marquer sa différence avec ses prédécesseurs. Mais ce choix aurait également présenté un avantage beaucoup plus pratique. D’après l’historien Camille Pascal, cité par Le Monde, le salon d’angle permettait à Valéry Giscard d’Estaing de rejoindre discrètement les appartements privés, puis de quitter le palais par l’aile est, sans attirer les regards.
Lorsque François Mitterrand arrive au pouvoir en 1981, il réinstalle la présidence dans le salon doré. L’ancienne chambre d’Eugénie redevient alors un bureau réservé aux proches collaborateurs du chef de l’État.
Emmanuel Macron décide de braver la malédiction
Lorsque Emmanuel Macron franchit les portes de l’Élysée en mai 2017, le fameux salon d’angle est inoccupé depuis le départ d’Aquilino Morelle, trois ans auparavant. Le nouveau président va pourtant jeter son dévolu sur cette pièce à la réputation sulfureuse, quitte à rompre avec une tradition bien établie.
Il fait alors du salon d’angle l’un de ses principaux espaces de travail, tandis que le salon doré conserve une fonction plus officielle, notamment pour les réceptions et les prises de parole présidentielles.
En octobre 2017, les Français découvrent le salon d’angle lors d’une interview télévisée du chef de l’État. La décoration tranche avec les dorures traditionnelles du palais : mobilier contemporain, œuvres modernes et notamment une Marianne signée de l’artiste américain Shepard Fairey, connu sous le nom d’Obey.
L’aménagement des bureaux présidentiels a depuis évolué. L’Élysée précise ainsi sur son site officiel qu’Emmanuel Macron travaille et reçoit également dans le salon doré, réaménagé avec un mobilier contemporain.
Pourquoi cette pièce suscite-t-elle autant de convoitises ? Parce qu’à l’Élysée, la proximité physique avec le président traduit aussi une forme de puissance politique.
Les bureaux les plus proches du chef de l’État ne sont pas nécessairement les plus grands ou les plus somptueux. Ils sont avant tout ceux qui permettent d’obtenir un entretien, de transmettre une information ou d’intervenir au bon moment.
Reste à savoir qui l’occupera dans quelques mois une fois l’élection présidentielle passée…
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


15 hour_ago
77


























.jpg)






French (CA)