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Laurent Hublet, sur la suppression décriée de certaines aides : "Je préfère prévenir en août que trahir en décembre"

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Cette semaine, la reprise du site d'Audi Brussels par le groupe flamand Heylen est le succès de l'année. Une "grande victoire pour les Bruxellois", commente le ministre bruxellois de l'Économie, Laurent Hublet (Les Engagés), sur le plateau des Pros de L'Eco, sur LN24. Six mois après le lancement du gouvernement, il se réjouit de l'accord conclu avec Heylen, société spécialisée dans le redéploiement de sites industriels, et affiche une ambition claire : faire à nouveau du site de Forest "un poumon économique pour Bruxelles", avec 3 000 emplois à terme.

Côté communication, le MR, visiblement, aurait voulu accrocher cette victoire à son tableau, entend-on en coulisses, en rappelant le travail en amont fait par David Leisterh. Néanmoins, la communication de Laurent Hublet lundi s'est tout de même faite conjointement avec le cabinet de Boris Dilliès, le ministre-président libéral de Bruxelles.

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Revenons au cas concret. Pour Laurent Hublet, la fermeture d'Audi Brussels avait constitué "un traumatisme". Le constructeur était en effet "le plus grand employeur industriel de Bruxelles".

"3 000 emplois, une ambition"

Le chiffre de 3 000 emplois, équivalent approximativement aux effectifs directs d'Audi (sans compter les sous-traitants) avant la fermeture, ne serait pas excessif aux yeux du ministre, malgré les évolutions technologiques et la robotisation. Pourtant, plusieurs acteurs du secteur industriel émettent des doutes.

"3 000, c'est notre ambition. Et Bruxelles a besoin d'ambition", insiste quant à lui Laurent Hublet. Pour illustrer sa volonté, il compare la Région à "une équipe de football qui est en deuxième division et qui doit passer en première". Pour rappel, la Région veut atteindre 70 % de taux d'emploi d'ici 2030, contre moins de 64 % aujourd'hui.

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Atteindre cet objectif supposera cependant d'améliorer la compétitivité de Bruxelles. Bruxelles devra proposer "des conditions fiscales suffisamment attractives" afin que les investisseurs choisissent la capitale belge plutôt que "le nord de la France ou l'Allemagne".

Permis et dépollution : deux points cruciaux

Sur la dépollution du site d'Audi, actif depuis plusieurs décennies, il affirme que l'ancien propriétaire comme le repreneur devront "pleinement répondre à leurs obligations en la matière. Cela ne se discute pas".

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Il exclut également toute intervention financière régionale pour couvrir ces coûts de dépollution : "Il n'y a pas un euro qui sera mis par la Région pour cet élément-là."

Laurent Hublet relativise par ailleurs l'ampleur du risque environnemental. Il rappelle qu'Audi Forest est "un site industriel qui n'a jamais accueilli d'industrie lourde, ce n'est pas un site chimique".

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"Ils devront pleinement répondre à leurs obligations en la matière. Cela ne se discute pas".

Interrogé sur le soutien financier que pourrait apporter la Région bruxelloise au projet en général, Laurent Hublet répond sans détour : "Pas un euro". Selon lui, c'est surtout les procédures de permis qui doivent être facilités.

Laurent Hublet Ministre bruxellois de l'Emploi, de l'Économie et de l'Économie numériqueLe ministre bruxellois de l'Economie, Laurent Hublet (Les Engagés). ©cameriere ennio

Les mécanismes d'amélioration de la compétitivité pourraient toutefois être mobilisés au niveau fédéral. Le ministre cite notamment le "pacte de compétitivité", dispositif qui peut être activé après la fermeture d'une grande entreprise et qui avait notamment été utilisé à la suite de la fermeture de Ford Genk.

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L'avantage représenterait "grosso modo 5 % du coût du travail", précise-t-il.

Mais le ministre fixe une condition très nette : "Pas d'emploi créé, pas d'incitant."

Des aides aux entreprises suspendues faute de budget

Laurent Hublet a dû également revenir sur la décision controversée de suspendre certaines aides accordées aux entreprises bruxelloises. Une annonce faite fin juillet, avec une entrée en vigueur le 12 août, qui avait provoqué la colère d'une partie du monde entrepreneurial.

Le ministre assure comprendre ces réactions. "J'ai été entrepreneur dans ma vie précédente, donc je comprends certaines incompréhensions", explique-t-il.

La Région consacre environ 30 millions d'euros à différents mécanismes d'aide aux entreprises. Or, selon lui, "les 30 millions d'euros prévus ont été pleinement utilisés".

Ce dépassement aurait représenté "un surcoût de 10 à 12 millions d'euros" au budget de la Région.

Certaines primes ayant été beaucoup plus sollicitées que prévu, les enveloppes disponibles ont atteint leur plafond. Le gouvernement devait alors choisir entre maintenir la limite budgétaire ou accepter un dépassement.

Ce dépassement aurait représenté "un surcoût de 10 à 12 millions d'euros", qu'il aurait fallu financer autrement. Laurent Hublet prévient que cela aurait potentiellement pu signifier "mettre davantage de taxes sur les entrepreneurs".

Les dispositifs suspendus concernaient notamment des primes pour le coworking ou pour des prestations de consultance. Il ne s'agissait donc pas, insiste-t-il, de mécanismes de remise à l'emploi.

Le ministre dit surtout vouloir faire preuve de transparence vis-à-vis des entreprises. "À un moment donné, je dois être honnête avec les entrepreneurs", explique-t-il. "Je préfère prévenir au mois d'août que trahir au mois de décembre."

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Il reconnaît que la décision est difficile. "Je comprends que ce ne soit pas une bonne nouvelle. Moi aussi, j'aurais préféré que l'on puisse maintenir ces aides."

Mais le contexte budgétaire ne permettrait pas de poursuivre les dépenses au-delà des enveloppes prévues. "À un moment donné, on doit être responsable […]. La situation financière de la Région n'est vraiment pas bonne. On ne peut donc pas se permettre des dépassements aujourd'hui", ajoute-t-il.

Découvrez l'intégralité de l'interview en vidéo ci-dessus.

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