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FIGAROVOX/TRIBUNE - Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Gabriel Attal, se présentent aujourd’hui en candidats du changement, sans que personne ne s’en étonne, commente le maître de conférences. Une contradiction décrite par Jacques Ellul dès 1965, analyse-t-il.
Passer la publicitéLaurent Frémont est maître de conférences à Sciences Po.
Édouard Philippe et Gabriel Attal veulent changer de modèle. Ils le connaissent mieux que personne, puisque c’est le leur. Le cadet promet la rupture, l’aîné la vérité et des engagements enfin tenus. Aucun des deux ne s’encombre d’un inventaire, et l’on comprend pourquoi : le premier a occupé Matignon trois ans durant, plus longtemps qu’aucun de ses successeurs ; le second a siégé six années au gouvernement sans un jour d’interruption. Ils demandent aujourd’hui le pouvoir pour défaire ce qu’ils ont fait, et personne autour d’eux ne paraît s’en étonner.
Ce contraste entre la lucidité d’aujourd’hui et l’inaction d’hier, Jacques Ellul l’avait expliqué dès 1965 dans L’Illusion politique. Le pouvoir réel, y écrit-il, est passé aux techniciens et aux bureaux ; il ne reste au personnel politique que le discours. Faute de prise sur les choses, l’homme public se rabat sur la parole. Le citoyen, à qui l’on sert ce théâtre en guise de participation…


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