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FIGAROVOX/TRIBUNE - Les critiques visant les origines sociales de Lola-Fleur Whittaker, la jeune militante LFI qui a récemment débattu face à David Lisnard, oublient que les révolutions ont presque toujours été menées par des enfants de la bourgeoisie parlant au nom du peuple, pointe le maître de conférences .
Laurent Frémont est maître de conférences à Sciences Po Paris.
Laissons Lola-Fleur tranquille. Depuis sa prestation télévisuelle, les réseaux ricanent et instruisent son procès en naissance : fille de bonne famille, au train de vie dispendieux, elle n’aurait aucun titre à parler pour le peuple opprimé. Curieux réquisitoire. Ce qu’on lui jette à la figure ressemble surtout à une lettre de recommandation. Faire grief à une révolutionnaire d’être née du bon côté, autant reprocher au notaire d’avoir fait son droit. La révolution, chez nous, c’est depuis deux siècles et demi une affaire de bourgeois, un privilège de classe comme le piano ou le latin, avec son ordre et sa caisse de retraite.
La maison est fondée en 1789, et par des avocats. Sur les bancs du tiers état, la basoche fait à peu près les deux tiers de l’effectif. Tocqueville a expliqué pourquoi la révolte vient d’eux plutôt que des plus misérables : les droits féodaux pesaient moins en France qu’ailleurs, et on les y haïssait…


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