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PORTRAIT - Dans la série surnaturelle, la comédienne séduit le détective extraterrestre campé par Colin Farrell. Un rôle qui va comme un gant à celle qui incarnera la série événement que Netflix consacre aux Kennedy.
Clap de fin sur l’excellente et atypique série policière d’Apple TV Sugar, dont la seconde saison s’est achevée ce vendredi. Hommage aux films noirs d’antan, le feuilleton suit un détective privé, pas comme les autres, puisqu’il vient d’une autre planète. Ce limier extraterrestre, campé par Colin Farrell expérimentait enfin cette saison un rebondissement incontournable du genre, dont il est si fan : tomber amoureux d’une femme fatale. Soit Charlotte, une élégante femme d’affaires résidant dans le même hôtel que lui. Si grâce à Charlotte, Sugar s’est encore davantage assimilé à l’espèce humaine en succombant au désir, il tombe de haut en apprenant qu’elle est de mèche avec sa propre sœur, qu’il pensait portée disparue. TV Magazine s’est entretenue avec l’énigmatique interprète de Charlotte, l’actrice britannique Laura Donnelly. Vue dans Outlander, Say Nothing et The Nevers, la comédienne britannique de 43 ans est en train de devenir incontournable dans le monde des séries.
L’aventure Sugar
« J’avais adoré l’ambiance de la première saison : Los Angeles vu sous un angle néo-noir, les références aux films noirs de l’âge d’or de Hollywood », se souvient la comédienne, ravie de pouvoir poser ses bagages dans la cité des Anges, dans laquelle elle n’avait jamais tourné, et de découvrir la Californie. Pour façonner l’élusive Charlotte, Laura Donnelly s’est replongée, sur les conseils du showrunner de la série Sugar, dans la filmographie de Bette Davis, Lana Turner et Lauren Bacall. « « J’ai essayé de prolonger l’aura de mystère autour de Charlotte le plus longtemps possible. Ce type d’héroïne n’est jamais ce qu’elle paraît et vient avec son lot d’agréables et de déplaisantes surprises. Cependant, elle introduit John, aussi innocent qu’un adolescent, à des sentiments inédits : l’amitié, la romance, le chagrin, le cynisme d’une rupture. Soit les aspects parfois moins reluisants de l’expérience humaine».
Laura Donnelly a été émue de tourner dans les studios emblématiques et historiques de la Paramount. « La petite fille que j’ai été se serait pincée pour y croire. J’ai aussi été touchée par l’enthousiasme intact de Colin Farrell qui fait pourtant ce métier depuis deux décennies ! Il capture parfaitement le ravissement, la soif de découvertes et l’exaltation de Sugar sur notre planète bleue», décrypte-t-elle.
Le tremplin Outlander
Laura Donnelly est apparue dans les trois premières saisons de la saga, entre 2014 et 2017, sous les traits de l’obstinée sœur du héros Jenny Fraser. Présente dans huit épisodes, la comédienne est encore aujourd’hui touchée et éberluée par l’impact culturel de la série en costumes romantique et surnaturelle et par la fidélité de ses fans. « Leur loyauté est incroyable. Ce qu’ont accompli Sam Heugan et Caitriona Balfe est un exploit qui défie l’entendement. Avoir pu faire partie de cette colossale aventure est inouï », estime Laura Donnelly, qui confie n’avoir pas encore regardé la dernière saison, faute de temps. « J’ai enchaîné deux projets cette année, le polar The Dark, qui se tournait de nuit et les Kennedy, et j’ai deux enfants en bas âge. Quand j’ai le temps de regarder la télévision, j’ai plutôt tendance à sélectionner des documentaires », explique-t-elle.
Matriarche des Kennedy
Dans la lignée de The Crown, Netflix vient de tourner une série sur la dynastie des Kennedy et leur ascension. Ce projet braque les projecteurs sur les parents de JFK : l’ambitieux ambassadeur Joe Kennedy, Sr, joué par Michael Fassbender, et son épouse et matriarche du clan Rose que campera Laura Donnelly. Le projet revient sur les jeunes années de JFK, qui peine à sortir de l’ombre de son frère aîné prodigue. Ce biopic exauçait un des vœux de Laura Donnelly : tourner avec le Danois Thomas Vinterberg. Le réalisateur de Festen réalise le premier et le dernier des huit épisodes commandés.
« J’ai dévoré les trois premiers scripts. Il est rare de lire des textes de cette qualité avec autant de personnages si bien écrits, et qu’ils aient autant de profondeur, d’intelligence, d’humour tout en étant basés sur des événements réels » confie celle qui a découvert Festen au conservatoire. « Ce film et le Dogme ont influencé le type de travail et de jeu que j’espérais pouvoir produire. J’étais fascinée par cette exigence d’hyperréalisme », jure-t-elle. Laura Donnelly se rend à l’audition de Kennedy, pas convaincue qu’elle peut l’emporter mais avec l’idée de tout donner : « Être supervisée par Thomas était en soi un privilège. Je voulais juste profiter de ce laps de temps pour travailler avec lui, me nourrir de ses indications ». Jamais un bout d’essai n’a autant marqué la Britannique, à l’exception de celui qu’elle avait fait pour Sam Mendes, qui ne l’avait pas retenue.
Sur Rose Kennedy, Laura Donnelly a beaucoup appris : « C’était une femme remarquable. Ce que j’ai lu sur elle a fait naître en moi un immense respect, pour son courage, sa façon très directe de penser et de son sens des responsabilités. Je n’aurais jamais pensé la voir sous cet angle. J’étais au départ plutôt partie dans la direction opposée ». Et de préciser : « La série se penche sur leurs jeunes années, la manière dont ils ont élevé leurs neuf enfants et les valeurs qu’ils leur ont transmises, comment ils ont construit leur réputation et se sont immiscés dans l’histoire des États-Unis».
Une carrière enracinée dans le théâtre
Compagne du dramaturge Jez Butterworth, scénariste de The Agency (le remake américain du Bureau des Légendes) et de la série mafieuse Mobland, Laura Donnelly est un pilier des planches britanniques. Elle a été nommée à l’équivalent américain et anglais des Molière. Pas étonnant pour celle dont la vocation d’actrice s’est enracinée très tôt. « J’ai toujours voulu jouer la comédie aussi loin que je me souvienne », affirme la native de Belfast. Et d’ajouter : « Je me souviens de mes premières expériences au théâtre, qui étaient dans des productions de danse. J’adorais être en coulisses quand tout le monde se préparait et se maquillait. Cela me procurait la sensation d’être en sécurité ».
La comédienne tente de trouver un équilibre entre les planches et la caméra en alternant. « Au théâtre, mon moment préféré sont les répétitions. C’est plus intime. La pression est moindre. Quand je finis une pièce, je me sens épuisée et je ne veux plus jamais monter sur scène. Sur un plateau de télé ou de cinéma, j’ai plus de temps pour creuser mes idées. Les scènes arrivent graduellement. On peut tester différentes approches prise après prise ». Mais travailler sur une pièce de son conjoint Jez Butterworth reste une symbiose vertigineuse. « Il a écrit mes pièces préférées. Quand je lis ses personnages, je comprends instinctivement comment ils sont censés être joués, ce qu’ils veulent. Ses mots vont dans mon âme. Je n’ai pas besoin de faire grand-chose pour me concentrer, pas besoin de noircir des carnets de travail», avoue-t-elle.


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