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Laisser pousser naturellement la végétation sur son terrain, c'est maintenant une option qu'ont les propriétaires sherbrookois.
La nouvelle réglementation adoptée lors du conseil municipal du 6 juillet permet aux citoyens de choisir parmi quatre types d’aménagements qui autorisent la présence de plantes et de fleurs indigènes, d’arbustes et de fruits et légumes, entre autres.
Options d’aménagement permises
- Plantes couvre-sols*
Plantes basses qui forment un tapis végétal dense.
- Jardin de la biodiversité
Aménagement comportant une variété de plantes, dont les vivaces, les arbustes et les arbres, dont l’objectif est de répondre aux besoins de la faune, de la flore et des insectes.
- Pré fleuri
Aménagement composé de plantes à fleurs, de graminées et autres vivaces pour maximiser la période de floraison.
- Jardin de plantes comestibles*
Espace où l’on cultive des végétaux destinés à l’alimentation, comme des fruits, des légumes, des fines herbes ou des fleurs comestibles.
*Le règlement municipal permettait déjà ces options.
Source : Ville de Sherbrooke
La Ville de Sherbrooke affirme que c’est dans un souci d’adaptation aux changements climatiques qu’elle a décidé de permettre d'autres options que la pelouse sur les terrains des citoyens.

Les pollinisateurs sont nombreux à butiner dans le jardin de la biodiversité aménagé par un Sherbrookois.
Photo : Radio-Canada / Katy Larouche
On n'est pas dans une obligation, mais c'est plutôt une ouverture à ce qui ne sera pas considéré comme une nuisance.
L’objectif est notamment de protéger les pollinisateurs et d’aider les espaces verts à être plus résilients lors de sécheresse ou de fortes pluies.
Entretien minimal requis
La Ville spécifie que les citoyens doivent néanmoins assurer un entretien minimal de leur terrain. Il faut notamment tondre une bande d'un mètre autour des limites du terrain et veiller à ce que la hauteur des végétaux ne dépasse pas 0,9 mètre à l’intersection de deux rues.

Le nouveau règlement municipal prévoit qu'une bande d'un mètre doit être tondue sur le pourtour des terrains.
Photo : Radio-Canada / Katy Larouche
Les propriétaires doivent également retirer les espèces envahissantes qui pourraient s’implanter, comme la berce du Caucase, l’herbe à puce et l’herbe à poux, et la renouée japonaise, notamment.
La ville encourage également les citoyens à installer une affiche sur leur terrain pour expliquer leur démarche au voisinage.
On recommande aux gens de commencer à plus petite échelle avant de laisser tout le terrain devenir un jardin de biodiversité pour valider quel type de plante vous aimez, qu'est-ce que vous aimez moins.
Une démarche intuitive
Cela fait maintenant trois ans que le Sherbrookois Jean-Sébastien Laplante a implanté un jardin de la biodiversité sur son terrain. Il l'admet d'emblée, la démarche a été assez intuitive.

Jean-Sébastien Laplante se réjouit que l'aménagement de son jardin de la biodiversité soit maintenant autorisé par les règlements municipaux.
Photo : Radio-Canada / Katy Larouche
Il a d'abord semé certaines espèces qui l'intéressent, dont l'asclépiade, qui est le refuge du papillon monarque. Ensuite, il a simplement cessé de tondre l'herbe sur une grande parcelle pour laisser la nature suivre son cours.
Je vois tous les bénéfices que ça apporte : rétention de l’eau, diminution des îlots de chaleur, augmentation de la diversité des plantes et des insectes. C’était vraiment la chose à faire pour moi.
Dès le premier coup d'œil, on constate que les végétaux indigènes ont repris leurs droits sur le petit terrain du secteur Saint-Élie. Les bourdons se promènent avidement de plante en plante et des effluves floraux embaument l'air.
Un combat citoyen derrière la nouvelle politique
Même s'il a été facile à implanter, ce choix a toutefois été coûteux pour le Sherbrookois. Il s'est heurté à la réglementation municipale qui ne lui était pas favorable avant le 6 juillet dernier.
J’ai eu deux amendes, je suis allé en cour me défendre les deux fois et j’ai perdu. Fait que je suis vraiment content que ce soit terminé, souffle-t-il.
Depuis 2024, il a dû débourser plus de 700 $ d’amende pour avoir refusé de tondre l’herbe sur son terrain. Sa démarche avait toutefois suscité l'appui de nombreux citoyens qui avaient contribué à sa campagne de sociofinancement à hauteur d'environ 550 $, réduisant le prix de la facture pour lui.
En tant que citoyen, on se doit de faire ce qui fait avancer la société. La Ville gérait déjà ses espaces verts de cette façon et c’était acquis qu’il y avait beaucoup de bénéfices. Il fallait juste quelqu’un qui pousse un peu la Ville à changer le règlement et c’est ce que j’ai fait.
Avec la nouvelle réglementation maintenant adoptée, il pousse un soupir de soulagement : aucun autre constat d'infraction ne lui sera remis, puisque son choix d’aménagement est maintenant autorisé dans la municipalité.
J’ai été patient, mais je suis vraiment content. Le résultat de la nouvelle politique qu’ils ont mis en place, j’en suis vraiment satisfait !
S'il avait un ultime souhait à formuler ? J’espère qu’il y en a quelques-uns qui vont emboîter le pas, ce serait vraiment intéressant, souhaite-t-il.


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