Laetitia Masson est une cinéaste précieuse, découverte en 1995 avec En avoir (ou pas), drame social et récit d’émancipation sur une ouvrière prenant la route après avoir perdu son emploi dans une usine de poissons. La Française poursuit depuis une carrière dans les marges, avec hélas de nombreux films restés invisibles dans les salles suisses. Mais voici que nous parvient en cette fin de printemps Ulysse, récemment présenté en clôture de la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, et qui est le plus personnel de ses films.
Ulysse raconte une odyssée intime, celle d’une mère se battant pour que son fils handicapé accède à son rêve de trouver un emploi dans la restauration. Film de lutte, contre les préjugés et un système préférant écarter les personnes jugées inadaptées plutôt que de travailler à des modèles vertueux d’intégration, ce long métrage non dénué d’humour a quelque chose de bouleversant dans ce qu’il raconte et d’engagé dans ce qu’il dénonce. «Si le titre n’avait pas déjà été pris, j’aurais pu l’appeler Les Grandes Espérances», dit joliment Laetitia Masson, qui a confié le rôle d’Ulysse adulte à son propre fils, Alphonse Roberts. Car cette histoire, c’est la leur.


2 week_ago
51





















.jpg)






French (CA)