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La Sépaq n'est toujours pas officiellement propriétaire de la Villa Frederick-James à Percé, près de deux ans après l’intention du gouvernement caquiste de lui céder l'établissement patrimonial.
L'obligation de tenir des audiences publiques expliquerait, notamment, le retard de transfert de propriété de la Villa à la Société des établissements de plein air du Québec.
La Sépaq n’est pas propriétaire des parcs nationaux, c’est le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques et de la Faune qui est propriétaire, lance d’entrée de jeu le président-directeur général de la société d'État, Martin Soucy.
La Sépaq a depuis proposé au gouvernement, pour protéger l’établissement patrimonial à long terme, de l’intégrer au sein du Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé.
Donc c’est une longue marche, notamment parce qu’il y a d’autres terrains qui doivent être intégrés et ça va demander des audiences publiques et une certaine préparation du ministère. Donc, ça c’est toujours en cours, mais il faut comprendre que ça va prendre encore un certain temps.

Martin Soucy a été nommé président-directeur général de la SÉPAQ en janvier 2024 et est directement impliqué dans le dossier de la Villa.
Photo : Radio-Canada
Dans les faits, le Musée de la civilisation est toujours propriétaire des lieux, depuis l’abandon du projet des Espaces bleus en raison d’importants dépassements de coûts.
La Villa Frederick-James devait faire partie du projet. Mais sa rénovation, au coût de 25 millions de dollars, était trop avancée pour reculer.

Le rocher Percé et la Villa Frederick-James sont les attraits les plus photographiés par les touristes.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Même si le transfert de propriété n’est pas encore fait et que la mission de la villa, construite en 1888, n’est toujours pas définie, le maire de Percé, Daniel Leboeuf, prône la patience.
À court terme, je vous dirais qu’on est heureux que le projet des Espaces bleus ait permis de sauvegarder cet édifice iconique qui fait partie de toutes les cartes postales de Percé depuis plus de 100 ans, explique l’élu.
Donc pour un deuxième été, le bâtiment patrimonial sera géré sur une base temporaire par la Sépaq. Les employés du Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé ont d'ailleurs occupé la villa toute l’année.
La haute direction de la société d’État confirme que les deux expositions préparées par le Musée de la civilisation sur l’histoire de la villa et de sa rénovation, ainsi que sur la pêche sportive au Québec, seront encore présentées cet été.

Le maire de Percé, Daniel Leboeuf, dit prôner la patience dans ce dossier, mais espère que la villa sera valorisée à sa juste valeur, considérant les investissements colossaux qui ont été injectés dans sa rénovation.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Plusieurs acteurs impliqués
Si le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs est impliqué dans la cession des terrains et du bâtiment, c’est le ministère de la Culture et des Communications qui gère le dossier pour le propriétaire actuel, le Musée de la civilisation.
Par courriel, le ministère répond « que les discussions se poursuivent entre la Sépaq et le Musée de la civilisation ».
On ajoute que pour la saison 2026-2027 et les suivantes, le Musée souhaite poursuivre la collaboration avec la Sépaq en lui confiant l’opération du site, l’accueil des visiteurs et l’animation.
Pendant ce temps, le milieu culturel se dit prêt à prendre en charge la nouvelle vocation.
La Table de concertation sur l'avenir de la Villa Frederick-James a été mandatée par le gouvernement pour lui faire des recommandations sur la future vocation.
Ce rapport a été déposé il y a six mois. Un comité de démarrage a aussi été formé et n’attend que les directives du gouvernement.
Les communications sont bonnes, mais pour ce qui est du budget, qui est le nerf de la guerre, on n’a pas de réponse encore, explique l’un des porte-parole de cette table et président du Culture Gaspésie, Denis Loiselle.
La table demande un budget d'opération de 400 000 dollars au ministère de la Culture et des Communications pour notamment embaucher une à deux ressources.
Pour faire rouler l'organisation, pour mettre en place une programmation aussi parce que ce qu'on propose, c'est vraiment un centre en arts visuels et multidisciplinaire qui agirait en formation, en diffusion et en création avec des résidences d'artistes par exemple et ça, bien sûr que ça implique un peu de financement.

L'artiste-peintre Denis Loiselle est aussi président de Culture Gaspésie.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Cette vocation reçoit l’appui de la Municipalité, rassurée de voir que le projet prévoit donner vie à la villa toute l’année et non uniquement durant la saison touristique. Le maire de Percé juge que le potentiel du bâtiment est sous-exploité.
La villa appartenait à un peintre célèbre, donc la villa doit valoriser tous les arts visuels et on a un espace muséal mis aux normes. On trouve que ce bâtiment-là est sous-utilisé. Considérant tous les montants qui ont été injectés, il faudrait en faire un usage qui fasse honneur aux investissements, ajoute Daniel Leboeuf.
La Table discute aussi directement avec le pdg de la Sépaq qui appuie ce modèle d’affaires et ce partenariat.
On a un modèle comparable avec Le Chafaud, alors que le bâtiment nous appartient et c’est délégué au Musée dans le cadre d’une entente de délégation, conclut le pdg Martin Soucy.
La Table de concertation sur l’avenir de la Villa Frédérick-James espère maintenant que le prochain remaniement ministériel et, surtout, les élections générales de cet automne, ne vont pas retarder le processus de cession de la villa.


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