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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 22/08/2026 à 11h00
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Dans Le Roman de Sophie, paru mercredi chez Albin Michel, la romancière revient sur cette aristocrate russe devenue, sur le tard, l’une des grandes figures de la littérature jeunesse française.
Passer la publicité Passer la publicitéQui lit encore la comtesse de Ségur ? Si l'autrice des Malheurs de Sophie paraît aujourd'hui un peu oubliée, une biographie romancée -qui vient de paraître- réhabilite cette femme du XIXe siècle, émancipée, passionnée et nostalgique de sa Russie natale. « La vie de la comtesse de Ségur est romanesque », affirme Véronique de Bure, qui publie Le roman de Sophie (édition Albin Michel) cette semaine.
Pour la raconter, la romancière s'est mise dans la peau de son héroïne au soir de sa vie, lorsqu'elle attend, recluse dans son petit appartement parisien, la mort qui surviendra le 9 février 1874 à l'âge de 74 ans. « Que restera-t-il de mon passage ici-bas ? Vingt compositions nigaudes, quatre livres de religion et un petit manuel de médecine... Cela méritera-t-il que l'on s'en souvienne ? », s'interroge la comtesse de Ségur quelques jours avant son décès, selon des propos que lui prête Véronique de Bure.
Visiblement oui, car ses petits livres ont longtemps été très populaires. Des générations d'enfants ont vibré en écoutant leurs parents leur raconter Les Malheurs de Sophie, Le bon petit diable, Le général Dourakine ou Les petites filles modèles. Autant d'ouvrages incontournables de la littérature enfantine, qui se sont écoulés à plus de 30 millions d'exemplaires selon les estimations.
J'ai découvert la comtesse de Ségur vers quatre ans lorsque ma mère m'a lu « Les malheurs de Sophie » dans la Bibliothèque rose. Puis, je l'ai oubliée, préférant lire Oui-Oui ou Fantômette, qui étaient plus modernes.
Véronique de BureComme beaucoup de parents de sa génération, elle n'a jamais conseillé ses livres à ses enfants car « c'était pour moi des histoires vieillottes, très datées », ajoute la quinquagénaire.
Balzac des enfants
À la demande de son éditrice, Véronique de Bure, autrice de plusieurs romans, s'est toutefois plongée dans l'œuvre et la vie de la comtesse. Et à découvert un « Balzac des petits enfants », qui « a admirablement décrit la vie d'une certaine noblesse au XIXe siècle ». Née à Saint-Pétersbourg le 1er août 1799, Sophie Rostopchine reçoit en Russie une stricte éducation aristocratique. Petite fille espiègle et turbulente, elle est souvent punie, frappée et privée de nourriture par sa mère.
Certains considèrent que “Les malheurs de Sophie” est un livre sadique. Mais la comtesse de Ségur n'a fait que restituer ce qu'elle avait vécu. C'était normal en Russie de fouetter les enfants à cette époque.
Véronique de Bure
Son père, Fiodor Rostopchine, est un homme influent. Gouverneur de Moscou, il aurait ordonné l'incendie qui a dévasté la ville à l'approche de la Grande Armée de Napoléon en 1812. Deux ans plus tard, il s'exile et fait venir sa famille à Paris, où Sophie Rostopchine épouse à 19 ans Eugène de Ségur, avec lequel elle aura huit enfants. Souvent délaissée par son mari, la comtesse s'installe dans un château en Normandie, où elle s'émancipe et écrit ses premiers livres à plus de 50 ans.
« Il faut lire ces ouvrages avec le regard de l'époque, qui était très moralisateur », estime Véronique de Bure. Mais aussi pour le plaisir: « 'Les malheurs de Sophie' raconte les aventures d'une gamine qui fait plein de bêtises. Et les enfants adorent ça ».


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