À quelques jours des élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump, fragilisé, multiplie les initiatives tous azimuts pour barrer la voie aux démocrates.

Lison Le Gloan et Célia Merckens - Aujourd'hui à 17:20 | mis à jour aujourd'hui à 17:38 - Temps de lecture :

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« Essayer de tricher comme eux [les démocrates] le font », a lancé Donald Trump à ses militants réunis à Dallas, début septembre, pour la convention de mi-mandat des républicains, dans un serment d'allégeance improvisé et adressé à lui-même. Une déclaration révélatrice de la mauvaise posture du président à quelques jours des midterms le 3 novembre, qui pourrait redéfinir l'équilibre des pouvoirs à Washington : les démocrates affichent onze points d'avance dans les derniers sondages YouGov. Selon des spécialistes de l’université de Cornell, les démocrates ont 80 % de chance de l’emporter, étant donné qu’aux États-Unis, ces élections sanctionnent presque toujours le parti au pouvoir.

Devant l’enjeu, Donald Trump avait d’abord fait une première promesse loufoque, le 9 septembre : le versement de 5 000 dollars baptisée « Trump Dividend » à chaque adulte américain si son parti conserve sa majorité. Mais il ne s’agit pas de son seul plan. Toujours convaincu d'avoir été victime d'une fraude lors de sa défaite de 2020, le président souhaite modifier les règles mêmes du scrutin par correspondance, en durcissant les règles d’inscription pour écarter les électeurs « illégaux ». Il veut restreindre le vote uniquement aux malades graves et militaires expatriés, réclamer une pièce d'identité obligatoire pour voter et défendre un retour généralisé au bulletin papier.

« Trump est persuadé qu'il y a des armées entières d'étrangers qui votent alors qu'ils n'ont pas le droit et qui faussent les élections en votant pour les démocrates », note Lauric Henneton, maître de conférences en civilisation américaine. En réalité, la fraude électorale lors des votes par correspondance est extrêmement rare. Elle interviendrait dans 4 bulletins sur 10 millions, soit dans seulement 0,00004% des cas.

Intimider les démocrates

L’autre bataille de Donald Trump est encore plus radicale. Dans un post sur son réseau social, ce dernier a écrit qu’il déploierait une « armée pour l’intégrité des élections, afin de préserver le caractère sacré de chaque vote ». Un protocole impossible à mettre en place selon Lauric Henneton. « Il ne peut pas le faire, il y a plein de garde-fous qui font que ça n'est pas possible, et quand bien même il arriverait à déclarer un état d'urgence pour y parvenir, ça prend quand même un certain temps pour que l'armée soit effectivement déployée sur site ». La loi fédérale interdit en effet la présence des forces de l’ordre ou de membres de l’armée autour des bureaux de vote.

Enfin, le locataire de la Maison Blanche encourage, depuis 2025, plusieurs États républicains à redessiner leurs circonscriptions électorales pour maximiser leurs chances de conserver la Chambre. Cette stratégie nommée « gerrymandering«  est particulièrement mise en œuvre au Texas, où les Républicains espèrent gagner cinq sièges supplémentaires. « Ce qui est inédit, ce n'est pas forcément le redécoupage, c'est Trump qui se place au dessus, au niveau fédéral, et dit à un État fédéré : "Vous allez redécouper parce que vous allez trouver cinq sièges" », analyse le maître de conférences. Pour faire face, les démocrates ripostent par des recours judiciaires, mais aussi par leurs propres projets de redécoupage, notamment en Californie.

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