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ENQUÊTE - Précarité des doctorants, dépendance aux directeurs de recherche, signalements sans suite apparente… Un rapport reconnaît les mécanismes qui favorisent les violences sexistes et sexuelles dans la recherche. Associations et victimes dénoncent des protections encore insuffisantes.
À 16 ans, Adélaïde pensait découvrir les métiers de la recherche. En stage dans un laboratoire d’un hôpital à Paris, elle accompagne deux hommes qui lui présentent des techniques d’imagerie scientifique. Lorsque l’un d’eux quitte la pièce, elle reste seule avec son collègue, plus âgé. Celui-ci lui retrousse les manches de sa blouse. « Moi, je pensais que c’était un geste paternel », se souvient-elle. Puis il lui caresse le genou et l’embrasse sur la joue.
La jeune fille s’enfuit. Elle prévient aussitôt sa maîtresse de stage, qui lui promet d’intervenir. Mais le lendemain, aucune explication ne lui est donnée. « J’étais dans le brouillard et elle ne m’a pas plus éclairée que ça. » Trois à quatre mois plus tard, revenue finaliser son rapport, Adélaïde recroise l’homme dans les couloirs. Elle ignore si son signalement a donné lieu à une procédure. « Je me suis dit que finalement, ma parole n’avait pas été prise en compte. Je me suis sentie un peu trahie. »
Une scientifique sur deux a été victime de harcèlement sexuel au travail
Une difficulté que les associations dénoncent depuis une vingtaine d’années : dans la recherche, signaler des violences ne garantit ni d’être protégé ni même de connaître les suites données à son signalement…


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