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« La végétation est tellement morte » : cet agriculteur de la Manche ensilera son maïs à perte

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Plus d’un mois avant la date habituelle d’ensilage, l’agriculteur Valentin Clouet, dans le Sud Manche, se prépare déjà à sortir le maïs de ses champs à cause de la sécheresse.

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13 août 2026, avant l'ensilage, Valentin Clouet, agriculteur à Saint-Jean-de-la-Haize, dans le Sud Manche, ensilera son mais à perte en raison de la sécheresse.

Valentin Clouet, agriculteur à Saint-Jean-de-la-Haize, dans le Sud Manche, ensilera son maïs à perte en raison d’une sécheresse tenace, la plus longue jamais connue. ©La Gazette de la Manche/Célia CAROLA

Par Celia Carola Publié le 19 août 2026 à 5h32

13 août 2026, 10 h 45, déjà plus de 30 degrés. Le sol où se trouvent les plants de maïs de Valentin Clouet, est sec depuis plusieurs mois. Cet agriculteur du Sud Manche, résidant à Saint-Jean-de-la-Haize, en possède 55 hectares.
Malgré un vent chaud couplé à une sécheresse inédite, les plantes sont immobiles. « Elles sont desséchées, comme mortes », lâche-t-il, les yeux rivés sur ses parcelles. La suite dans l’article et en vidéo.

Les grains ne mûrissent pas

Comme pour les baies des vignes, les grains de maïs s’arrêtent de croître lorsqu’ils manquent d’eau. Ils ne poursuivront pas leur cycle, à l’inverse des betteraves par exemple, même s’il pleut.

VIDEO : https://dai.ly/xaysxhy

« On va ensiler beaucoup plus vite, déclare l’agriculteur. Au lieu d’attendre jusqu’au 15-20 septembre, on va le faire les 24-25 août. Il y a des pieds qui n’ont pas du tout de grains, qui ne mûriront pas. »

Et il n’y a pas que les grains qui ne sont pas à la bonne taille. Les plants sont aussi bien plus petits qu’habituellement. « On se retrouve avec des maïs qui font entre 1,50 m et 2 m de haut, alors qu’ils devraient plutôt faire entre 2,5 m et 3 m. »

Jusqu’à 50 % de perte

« Même si le maïs est une plante qui résiste à une certaine chaleur, jusqu’à 30 degrés, on est à plus de 35 degrés donc il ne peut pas l’assumer, il est en stress. » Valentin Clouet a planté une partie des céréales sur un sol caillouteux.

13 août 2026, avant l'ensilage, Valentin Clouet, agriculteur à Saint-Jean-de-la-Haize, dans le Sud Manche, ensilera son mais à perte en raison de la sécheresse.

On le voit, les grains de maïs n’ont pas mûri. Ils sont invendables et seront tous ensilés pour le fourrage destiné aux bovins. ©La Gazette de la Manche/Célia CAROLA

« Il y a des endroits où on a plus de profondeur de terre mais d’autres où on arrive vite à la roche. Ça filtre l’eau donc on n’a pas du tout de réserve dans les sols », précise-t-il. Sur ces dix hectares, la perte avant l’ensilage est estimée à « au moins 50 % ».

On a eu un hiver très humide, les rivières étaient remplies. On se rend compte que rien n’est acquis et c’est parfois écœurant.

Sur les 45 hectares restants, où les mais poussent sur des sols argileux, Valentin Clouet affirme qu’il pourrait y avoir 30 % de rendement en moins, par rapport à une année « normale ».

Dans ce deuxième cas de figure, la casse est partiellement limitée car l’argile retient l’eau plus longtemps. Si la sécheresse s’éternise, ces sols finissent néanmoins par se fissurer, et l’eau, par s’évaporer.

Rien ne sera vendu

« La végétation est tellement morte, observe-t-il, las. On a eu un hiver très humide, les rivières étaient remplies. On se rend compte que rien n’est acquis et c’est parfois écœurant parce qu’on met plein de choses en place. »

Les bovins sont les premiers touchés par ce manque de grains qui pénaliseront la quantité de leur fourrage pour l’hiver. Mais les pertes sont également financières. « On n’a pas vraiment une culture de vente mais là, la question ne se pose même pas, on va tout ensiler, soutient l’agriculteur. Lorsque les années sont bonnes, on peut vendre 250 euros la tonne de grains. Au total, ça peut nous faire 25000 euros. C’est la première perte réelle que nous connaissons. »

Valentin Clouet ne s’avoue pas vaincu face au climat actuel mais s’inquiète quand même de vivre d’autres semaines où pas une seule goutte d’eau ne tombe sur ses parcelles. « Dans le Sud Manche, on a quand même une bonne qualité de terre, on a des bovins qui produisent du fumier ou du lisier pour faciliter la croissance du maïs, avec une valorisation du grain. Mais cette année, on n’aura rien de tout ça. 2027 ne doit pas être pareille, sinon on sera vraiment mal. »

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