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Afin de lutter notamment contre le cancer du col de l’utérus, la Fondation québécoise du cancer réclame que la vaccination contre les virus du papillome humain (VPH) devienne gratuite pour tous les Québécois de 26 ans et moins. Le ministère de la Santé ferme toutefois la porte à un tel élargissement pour le moment.
En plus du cancer du col de l’utérus, ces virus peuvent également causer des cancers de l’anus, du vagin, du pénis, de la vulve et de la gorge.
À l’heure actuelle, la vaccination contre les VPH est offerte sans frais au Québec à tous les jeunes de 9 à 20 ans. Les personnes de 21 à 45 ans dont le système immunitaire est affaibli ou qui vivent avec le VIH y ont également accès gratuitement. C’est aussi le cas, jusqu’à 26 ans, des hommes qui ont ou prévoient avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes.
« C’est une injustice. Ça fait en sorte que des hommes sont obligés de dévoiler [qu’ils ont des relations sexuelles avec d’autres hommes]. C’est un frein possible à la vaccination », estime Marco Décelles, directeur général de la Fondation québécoise du cancer.
Le vaccin devrait toutefois être disponible sans frais pour toutes les personnes de 26 ans et moins, sans égard à ces critères, affirme M. Décelles. « Ça a des bienfaits pour l’ensemble de la population. » Les hommes comme les femmes peuvent contracter et transmettre les VPH à leurs partenaires, rappelle-t-il.
Au Québec, la vaccination contre les VPH est notamment offerte dans les écoles, en 4e année du primaire et en 3e année du secondaire. Or, une partie des jeunes passent toujours entre les mailles du filet, soutient Marco Décelles. « L’élargissement permettrait de récupérer ces gens. »
L’ajout des garçons de la 4e année du primaire au programme de vaccination gratuite ne s’est d’ailleurs fait qu’en 2016, dit-il. « On a un plus grand rattrapage à faire. Ça permettrait d’uniformiser tout ça. » Une gratuité jusqu’à 26 ans permettrait aussi, selon lui, de rejoindre de jeunes adultes qui n’ont pas fait leur parcours scolaire dans la province.
L’exemple britanno-colombien
La Colombie-Britannique a d’ailleurs élargi l’an dernier la gratuité de la vaccination à toute sa population de 26 ans et moins. « Veut-on toujours attendre d’être les derniers ou quasi derniers là ? Peut-on faire preuve d’un plus grand leadership au Québec ? », lance le directeur général de la Fondation.
Appelé à réagir, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) indique qu’il ne prévoit pas d’élargir la vaccination gratuite à toutes les personnes de 26 ans et moins.
« Les efforts demeurent concentrés sur les groupes pour lesquels les bénéfices de la vaccination sont les plus importants, notamment les jeunes avant le début de l’activité sexuelle et certaines clientèles plus à risque », explique le porte-parole Émile Giard.
Santé Québec écrit toutefois qu’il reste encore quelques doses offertes gratuitement pour les hommes et femmes en bonne santé de 21 à 45 ans, dans le cadre d’une mesure temporaire amorcée en octobre 2024 afin d’écouler des vaccins qui risquaient de périmer. En tout, plus de 65 000 doses ont été administrées depuis cette date.
Le dépistage à améliorer
Au Québec, le test VPH a pratiquement partout remplacé le test Pap, afin d’offrir un dépistage plus précis. Il n’a aussi qu’à être effectué tous les cinq ans, comparé au test Pap, qui doit être répété tous les deux ou trois ans.
Le Canada s’est donné comme objectif d’éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2040. Pour y parvenir, il faut non seulement accroître la vaccination, mais également améliorer le dépistage, rappelle M. Décelles.
La Fondation québécoise du cancer souhaite donc maintenant que les autotests de dépistage deviennent plus accessibles au Québec. « Ça existe dans plusieurs juridictions à travers le monde, […] mais on ne sent pas une énorme volonté d’agir très rapidement dans ce dossier ici. »
De son côté, le MSSS explique que trois projets de validation de trousses d’autoprélèvement sont en cours. « Il existe différentes technologies dans nos laboratoires au Québec et la validation doit être complétée sur chacune d’elles », dit le porte-parole, Émile Giard.
Il ajoute que le ministère a aussi demandé à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux de revoir la marche à suivre après l’obtention des résultats, puisque le suivi d’un test effectué par autoprélèvement diffère de celui d’un prélèvement réalisé par un professionnel de la santé.
Le MSSS n’a toutefois pas précisé à quel moment les autotests pourraient devenir plus largement accessibles au Québec.


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