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La Turquie adopte une loi historique sur la réintégration des combattants kurdes du PKK

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Ce texte censé sceller le processus de paix entamé il y a près de deux ans par Ankara prévoit le retour à la vie civile d'une partie des combattants du PKK renonçant aux armes.

Publié le 10/08/2026 22:57

Temps de lecture : 1min

Les députés turcs examinent un projet de loi sur l'avenir des combattants du PKK, le 10 août 2026, à Ankara. (ADEM ALTAN / AFP) Les députés turcs examinent un projet de loi sur l'avenir des combattants du PKK, le 10 août 2026, à Ankara. (ADEM ALTAN / AFP)

C'est une étape majeure du processus de paix après plus de quatre décennies de guérilla. Les députés turcs ont largement adopté, lundi 10 août, une loi historique ouvrant la voie à la réintégration des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le texte encadre le retour à la vie civile des membres renonçant aux armes, sans toutefois prévoir d'amnistie générale, ni trancher le sort d'Abdullah Öcalan, le fondateur et chef historique de la guérilla kurde emprisonné depuis 1999.

La loi doit permettre de suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions. Quelque 3 500 ex-membres de la guérilla sur les près de 10 000 qui sont détenus dans les prisons turques pourraient être libérés au cours d'une première phase, selon des députés turcs. En l'absence de récidive au cours de ce sursis de cinq à dix ans, les enquêtes seront classées et les peines considérées comme purgées.

L'opposition comme les partis au pouvoir ont soutenu l'initiative. Le gouvernement, conscient des réticences d'une opinion publique turque marquée par un conflit qui a fait au moins 50 00 morts depuis 1984, avait pris soin d'insister sur le fait que le texte préparé ces dernières semaines ne constitue pas une loi d'amnistie générale.

Abdullah Öcalan, détenu à l'isolement sur une île-prison au large d'Istanbul, avait appelé l'an passé les combattants du PKK à déposer les armes, répondant à la main tendue d'un proche allié du président Recep Tayyip Erdogan. La direction du PKK avait annoncé dans la foulée sa dissolution, avant de procéder quelques semaines plus tard à une très symbolique cérémonie de dépôt d'armes, en juillet 2025, dans le nord de l'Irak, où des combattants "en nombre limité" restent retranchés, selon Ankara.

Dimanche, les responsables du PKK ont toutefois dénoncé les "graves erreurs et lacunes" du texte, jugeant que ce dernier ne permettra pas de régler la question kurde dans sa globalité. Le PKK continue par ailleurs de réclamer la libération de son chef historique, en affirmant qu'il a joué un rôle de "coordinateur du processus de paix".

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