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Le gouvernement tunisien prévoit le lancement de concessions et des mesures facilitant l’autoproduction, avec des ambitions à court et à long terme pour améliorer ses capacités de production d’électricité grâce aux énergies renouvelables, après un été marqué par de fréquentes coupures de courant.
Les autorités tunisiennes visent une part de 16 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique en 2027, contre 12 % en 2026, d’après les documents budgétaires publiés par le ministère de l’Économie et de la Planification. Pour y parvenir, elles doivent développer près de 1 600 mégawatts (MW) de capacités renouvelables, dont environ 1 100 MW dans le cadre de concessions et d’autorisations, et 500 MW via des projets d’autoproduction. Pour les projets de concession, le gouvernement prévoit l’entrée en service d’une installation d’énergies renouvelables de 198 MW sur le site de Khnabna et d’un parc éolien de 77 MW. Les travaux de construction d’une centrale photovoltaïque de 300 MW dotée d’un système de stockage par batteries devraient débuter à Bazma, dans le gouvernorat de Kébili (Sud tunisien).
En matière d’autoproduction, les consommateurs devraient pouvoir produire une partie de leur électricité grâce à des installations photovoltaïques, au lieu de dépendre exclusivement du réseau national. Le projet de loi de finances 2027 ne fournit pas encore de plus amples détails sur ce point.
Des projets d’énergie renouvelable et des incitations fiscales
Les projets du gouvernement s’inscrivent dans la continuité d’investissements lancés depuis 2025 pour la construction d’une centrale photovoltaïque à Kairouan (centre du pays), d’une puissance de 120 mégawatts-crête, pour une production annuelle prévue de 222 gigawatts-heure. D’autres parcs éoliens sont programmés en 2026 à Tabaga, Jebel Abderrahmane et El Guettar. La construction de nouvelles centrales solaires a par ailleurs débuté cette année à Tataouine et Gabès.
Pour encourager le développement des énergies renouvelables, le projet de loi de finances 2027 prévoit, dans son article 49, des exonérations fiscales portant sur les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée et le prélèvement professionnel affecté au fonds de compétitivité pour les importations de batteries de stockage d’électricité. Les exonérations restent, pour l’heure, tributaires de l’adoption du texte en l’état, tandis que les professionnels du secteur demandent au gouvernement de redoubler d’efforts pour lancer la filière.
Ambitions à moyen et long terme
À moyen terme, la Tunisie se fixe pour objectif de porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique à l’horizon 2030. À long terme, ce taux devrait atteindre 50 % en 2050, dans le cadre du Programme d’amélioration de la fiabilité, de l’efficacité et de la gouvernance énergétiques tunisiennes, approuvé en novembre 2025 par la Banque mondiale. Doté de 430 millions de dollars, il doit financer les concessions, accélérer l’installation d’énergies renouvelables et améliorer la capacité de production de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).
Pour rappel, la forte demande d’électricité en Tunisie, causée notamment par des canicules très fréquentes cet été, a porté la consommation à 5 000 MW à certaines heures de la journée (soit près de 30 % de plus que le niveau normal). La STEG a dû recourir au délestage de son réseau, avec des coupures tournantes, pour éviter la surcharge et une éventuelle panne généralisée.
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