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La Thaïlande a recensé 470 cas cumulés de variole du singe (mpox) au 31 octobre 2026, dont 3 mortels, selon le Département du contrôle des maladies — trois fois les quelque 150 cas de 2025. Une multiplication par trois qui place l’épidémie dans une phase « ascendante », selon une responsable du département citée par la BBC.
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé a fait état, dans un rapport publié le 14 septembre 2026, de 68 096 cas confirmés et 272 décès dans 107 pays entre le 1er janvier 2025 et le 31 août 2026. La variole du singe reste classée en Thaïlande comme maladie à surveillance obligatoire.
Le virus se transmet par contact direct
Les autorités sanitaires thaïlandaises insistent : la transmission se fait par contact direct, que ce soit par le toucher d’une plaie ou des sécrétions d’un malade, ou par des objets contaminés — literie, verre d’eau. Un créateur de contenu de 25 ans, qui a partagé son expérience sur Facebook le 1er novembre après un diagnostic posé le 29 octobre, pensait pour sa part avoir été contaminé en partageant un verre lors d’une soirée.
Photo : pptvhd36.comUn médecin membre de l’association thaïlandaise de dermatologie a toutefois relativisé le risque : la maladie ne se transmet pas facilement, le simple fait de se croiser ne suffit pas, et une conversation de face à face ne devient dangereuse qu’au bout de plusieurs heures. En revanche, boire dans le même verre qu’une personne proche porteuse de lésions dans la bouche peut transmettre le virus, selon ce praticien cité par TOJO News.
Seule la PCR sur la lésion confirme le diagnostic
Autre mise au point officielle : le bilan sanguin classique ne permet pas de confirmer la variole du singe, les lésions pouvant ressembler à un herpès, une varicelle ou une autre infection cutanée. Le diagnostic repose sur la détection génétique du virus par PCR à partir d’un prélèvement sur la lésion, a expliqué le directeur du Département du contrôle des maladies. Si le premier prélèvement est négatif mais que les symptômes persistent ou que de nouvelles vésicules apparaissent, il faut consulter à nouveau.
Des formes atypiques déroutent les médecins
La période d’incubation va généralement de 3 à 17 jours, pouvant atteindre 21 jours. Classiquement : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, ganglions enflés, puis une éruption qui évolue sur deux à quatre semaines — rougeur, vésicule, pustule, croûte.
Photo : bangkokbiznewsMais des cas récents présentent des tableaux différents : une patiente de 32 ans a été soignée deux semaines pour un mal de gorge avec fièvre, sans aucune éruption visible, avant qu’une ulcération blanche au fond de la gorge ne mette les médecins sur la piste ; quatre jours plus tard, des pustules apparaissaient au nombril et sur le thorax, et le test confirmait la variole du singe. Ce type de présentation, par la gorge sans éruption corporelle, ne représenterait qu’environ 5 % des cas, les lésions buccales étant présentes chez 14 à 30 % des malades.
Une cohorte de l’hôpital Chulalongkorn, publiée en octobre 2026 dans le Journal of Infectious Diseases, décrit 154 patients confirmés suivis dans 14 cliniques, majoritairement des hommes d’un âge médian de 35 ans, dont 94 présentaient des lésions anales ou génitales. La plupart des cas étaient peu sévères et peu de patients ont dû être hospitalisés.
Photo : Thai PBSLes cas graves et les personnes à risque vont à l’hôpital
Les patients atteints de variole du singe n’ont pas tous besoin d’être hospitalisés, la plupart guérissant avec un traitement symptomatique — antidouleur, soins des plaies, prévention des complications. En revanche, les personnes présentant des symptômes graves ou à risque de complications, comme les immunodéprimés, les femmes enceintes et les jeunes enfants, doivent être évaluées et suivies de près, selon un responsable du département cité par Thai PBS. Les cas bénins avec une immunité normale peuvent être isolés à domicile, en évitant les déplacements, en séparant vaisselle et objets personnels et en nettoyant le linge, jusqu’à guérison complète des lésions.
En attendant, les autorités conseillent d’éviter tout contact étroit et les rapports sexuels avec une personne suspecte, de ne pas partager vêtements, serviettes ou literie, de se laver les mains au savon ou à l’alcool à 70 % et de porter un masque bien ajusté. L’OMS recommande par ailleurs l’usage du préservatif pendant 12 semaines après la guérison des lésions.


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