La violente tempête qui balaye le Chili a fait au moins dix morts et isolé près de 100 000 personnes en raison de l'interruption des voies de communication, selon un nouveau bilan publié lundi par le gouvernement, qui a décrété l'état de catastrophe et mobilisé l'armée pour les opérations de sauvetage. Cette tempête, qui a débuté le 15 juillet, touche particulièrement les régions septentrionales de Coquimbo et d'Atacama, où les précipitations extrêmes sont rares.
«On dénombre dix morts, quatre disparus et 17 blessés. Il y a 2422 personnes sinistrées», a déclaré à la presse Alicia Cebrián, directrice du Service national des urgences (Senapred). Ces intempéries ont également entraîné la destruction ou l'endommagement d'environ 2200 habitations, fait quelque 2400 sinistrés et laissé plus de 100 000 personnes isolées, on indiqué les autorités.
L'état de catastrophe déclaré dans une partie du nord du pays
En raison de la crue des rivières, les routes reliant plusieurs villages ont été coupées, isolant les localités les unes des autres.
Dans les zones rurales de Coquimbo, à environ 460 km au nord de Santiago, l'armée a utilisé des tracteurs pour secourir des personnes prises au piège par les inondations et a dû évacuer des personnes en hélicoptère depuis les toits de leurs maisons, selon des images diffusées par les médias locaux.
Des membres de l'armée chilienne secourent des habitants bloqués dans une zone rurale de la région de Coquimbo suite à des intempéries, dimanche 19 juillet 2026. — © ALEJANDRO PIZARRO / AFP
Il y a des quartiers «recouverts de boue et d'eau, inondés. Les gens ont tout perdu: leur maison, leurs biens. Ils sont très angoissés», a déclaré à l'AFP Cristóbal Juliá, gouverneur de Coquimbo.
Le président chilien José Antonio Kast a décrété l'état de catastrophe dans une partie du nord du pays, ce qui autorise le déploiement de l'armée, la restriction des déplacements et l'acheminement plus rapide de l'aide humanitaire. «La situation dans la région de Coquimbo et dans la province de Huasco s'étant aggravée», le chef de l'Etat a annoncé à la presse avoir ordonné «l'activation de cet état d'exception constitutionnel (état de catastrophe)».
Une tempête d'une intensité rare
A Coquimbo, inondations, glissements de terrain et coupures de courant ont en outre perturbé l'approvisionnement en eau potable.
Un véhicule circule sur une route inondée après le débordement du ruisseau Los Loros à La Serena, au Chili, lundi 20 juillet 2026. — © HERNAN CONTRERAS / keystone-sda.ch
«La quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois est tombée (hier) en une heure, ce qui permet de qualifier cet événement de précipitations anormales et extrêmes», a déclaré lundi à la presse le ministre de l'Intérieur, Maximo Pavez.
Selon Arnaldo Zúñiga, de la Direction météorologique du Chili, le pays n'avait pas connu depuis deux décennies une tempête aussi étendue et accompagnée de précipitations aussi fortes. «Cela fait de nombreuses années que nous n'avions pas connu de conditions similaires», a-t-il déclaré à l'AFP.
Environ 150 000 personnes sont toujours privées d'électricité dans tout le pays, a annoncé le ministère de l'Energie sur son compte X. «La situation a dépassé toutes les prévisions. Nos infrastructures ont été endommagées et nous avons dû évacuer notre personnel de certaines installations», a déclaré à la presse le directeur régional de la compagnie des eaux Aguas del Valle, Andrés Nazer.
En raison des fortes houles et des rafales de vent dépassant les 100 km/h, des dizaines de ports à travers le pays ont partiellement restreint leurs activités à titre préventif la semaine dernière.


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