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Le Bas-Saint-Laurent est l'une des régions qui comptent le plus de coopératives alimentaires. Ce mode d'organisation ne permet pas de réduire le prix des aliments sur les tablettes, mais il constitue un outil de développement qui permet à de nombreuses petites communautés d'avoir accès à un marché d'alimentation sans avoir à parcourir des kilomètres.
La Coopérative alimentaire de Saint-Vianney en est un exemple. Depuis 22 ans, elle assure un service d'épicerie qui évite à cette municipalité de sombrer dans une zone de désert alimentaire.
La clef du succès réside dans l'appui populaire à ce projet, qui ne se dément pas au fil du temps.
La population de Saint-Vianney est d'environ 450 personnes; la coopérative compte 350 membres de la place et des environs.

Fernand Saindon, administrateur, Coopérative de solidarité de Saint-Vianney
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Les membres sont aussi et souvent des bénévoles. Ils sont présents pour recevoir les livraisons de marchandises et les placer sur les tablettes. Et c'est sans compter l'appui de la municipalité qui héberge gratuitement la coopérative dans ses locaux.
Sans ces appuis, l'entreprise ne serait pas rentable. [...] On gère très serré. C'est tout un défi pour le profit qu'il reste à la fin de l'année.

À Saint-Vianney, la majorité de la population est membre de la coopérative qui gère l'épicerie du village.
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Les débuts
L'histoire de cette aventure commence au début des années 2000. L'économie est difficile et la municipalité se retrouve sans épicerie.
On a vécu ce que ça veut dire quand il n'y a pas d'épicerie, nous lance spontanément un client à la sortie du commerce.
Il ajoute que les seules options pour la population étaient les épiceries d'Amqui et Matane, situées à 25 et 40 km de Saint-Vianney. D'où le caractère essentiel d'un tel service.
C'est donc dans ce contexte que les résidents se rassemblent en 2004 et se lancent dans ce projet de créer ce qui allait devenir la Coopérative de solidarité de Saint-Vianney.

La Coopérative alimentaire de Saint-Vianney célèbre ses 22 ans cette année.
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Un défi économique
Malgré toute la bonne volonté des gestionnaires, le prix des produits sur les tablettes est le même qu'ailleurs. Et même quelques fois, plus élevé, un obstacle qui atténue la solidarité dont parlent constamment les gestionnaires, les bénévoles et les membres de la Coopérative.
On est un petit village. On n'a presque plus de services. Donc, il faut conserver ce que l'on a.

Le Bas-Saint-Laurent est l'une des régions qui comptent le plus de coopératives alimentaires. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Fernand Saindon estime qu'un entrepreneur privé ne survivrait pas dans un si petit milieu, mais la coopérative y parvient, car elle repose sur une rentabilité collective.
C'est un pouvoir collectif pour maintenir ce service. Sans ce pouvoir, on ne serait pas là. On serait tombé avant.
L'avenir
Le pouvoir collectif dont parle Fernand Saindon est de plus en plus grisonnant, puisque 60 % de la population de Saint-Vianney dépasse l'âge de la retraite.
Cette réalité ne semble pas inquiéter outre-mesure ceux qui tiennent ce projet à bout de bras.
Ça va continuer. On peut pas lâcher cela. C'est important. Il faut être là pour tout le monde.
Fernand Saindon partage cet optimisme. Il dit qu'au moment de la création de la coopérative, personne ne savait qu'elle serait toujours en activité 22 ans plus tard.
On est encore là, car des gens nous ont beaucoup aidés. Et on va faire les 20 prochaines années avec tous ces gens.
L'homme de 72 ans dit que la coopérative c'est plus qu'une épicerie pour Saint-Vianney, c'est, pour lui, un symbole de solidarité et d'espoir en l'avenir.


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