Octobre 2045: la Sécurité sociale française fête ses 100 ans. Malgré les soubresauts et les Cassandre qui n’ont eu de cesse de crier à son effondrement, l’institution tient le cap, toujours fidèle à l’esprit de résistance qui l’a vue naître en 1945. Son salut, elle le doit à un sursaut collectif en 2027. Plutôt que d’empiler les réformes comptables, le gouvernement issu des élections présidentielles et législatives aura su insuffler une nouvelle vision de la protection sociale, replacée au cœur d’un projet de société solidaire, démocratique et émancipateur. Une bataille politique de longue haleine qui aura permis à cette grande dame de célébrer son centenaire tout en pensant aux «jours heureux» à venir.
«Le trou de la Sécu». L’expression ne date pas d’hier. En 1967, le premier ministre Georges Pompidou évoquait déjà sa crainte face «au trou financier important». Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une crainte, c’est une réalité. Plus qu’un trou, c’est une faille: 21,6 milliards d’euros en 2025! Voici le montant du déficit des régimes obligatoires de base de la Sécurité sociale et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV). Un déficit qui a doublé en deux ans et qui atteint ainsi son niveau le plus élevé depuis 2012 (hors années exceptionnelles de la pandémie de covid). Selon le rapport de la Cour des comptes publié en mai 2026, les trois branches – maladie, vieillesse et accidents du travail – sont déficitaires. N’en jetez plus! Si, hélas. Car à ce déficit vient s’ajouter la dette dite «sociale», qui s’élève à 175 milliards d’euros en 2026. «Selon cette trajectoire, la Sécurité sociale ne dispose donc pas de marges de manœuvre. Avec le vieillissement de la population, la soutenabilité du système est à risque à moyen terme», selon la Cour des comptes qui tire la sonnette d’alarme. Pour les bonnes nouvelles, on repassera.


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