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Réduire l’attente aux urgences, améliorer l’accès aux soins de première ligne, renforcer le réseau public : à l’approche du scrutin du 5 octobre, les attentes sont nombreuses en santé. Le Devoir a demandé à des représentants de patients, des syndicats, des fédérations médicales et des ordres professionnels quelles devraient être les priorités des partis selon eux.
<?xml encoding="utf-8" ?><?xml encoding="utf-8" ?>Améliorer l’accès à la première ligne
Encore et toujours, l’accès à la première ligne — comme les groupes de médecine de famille (GMF) ou les CLSC — arrive en tête des priorités.
Trop de Québécois cherchent encore vers qui se tourner lorsqu’ils ont besoin de soins, déplore Julie Bouchard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec. « Il faut donner un nouveau souffle aux CLSC, permettre à toutes les professionnelles en soins de mettre pleinement leurs compétences à contribution et poursuivre le déploiement des infirmières praticiennes spécialisées en première ligne », fait-elle valoir.
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec rappelle pour sa part qu’il manque « plus de 2000 » médecins de famille dans la province. Elle demande aux partis de tenir compte de cette pénurie dans leurs engagements à propos de la première ligne. Elle souhaite aussi qu’ils proposent des mesures pour revaloriser la médecine familiale.
Réduire l’attente aux urgences
L’an dernier, la durée médiane de séjour à l’urgence au Québec atteignait 5 heures et 12 minutes, selon un récent rapport de l’Institut économique de Montréal. Depuis 2018, elle a donc augmenté de 41 minutes.
Dans ce contexte, le Conseil pour la protection des malades demande aux partis politiques de présenter un « plan sérieux et des actions concrètes » pour notamment diminuer le temps d’attente aux urgences. « Depuis quelques années, on se fait dire qu’on a un plan pour réduire ceci ou réduire cela. Malheureusement, ça ne se concrétise pas », soulève le président-directeur général de l’organisme, Paul G. Brunet.
Il souhaite également des engagements afin de raccourcir les listes d’attente pour les consultations avec un médecin spécialiste. Près de 900 000 Québécois y figuraient en date du 13 décembre 2025. « Ce n’est pas normal », dit M. Brunet.
Les partis doivent reconnaître le manque de médecins spécialistes et proposer des mesures pour remédier à la situation, soutient de son côté la fédération qui représente ces professionnels de la santé.
Protéger le réseau public
Quelle place le privé doit-il occuper en santé ? Les partis devront clairement prendre position, estiment plusieurs syndicats et ordres professionnels.
« On vient régulièrement couper dans le réseau public pour en donner au privé. C’est un non-sens », se désole Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.
Ce syndicat demande une loi qui obligerait Québec à financer le réseau en fonction des « besoins réels » de la population. Une organisation indépendante serait chargée d’évaluer chaque année les sommes nécessaires, auxquelles le gouvernement serait ensuite tenu de se conformer.
« On viendrait sécuriser les achats de matériel, les rénovations, mais aussi les embauches parce que les gens voudraient aller travailler en santé et services sociaux dans le public, car il y aurait une stabilité des équipes », soutient M. Comeau.
Tenir des états généraux
Le Collège des médecins du Québec (CMQ) souhaite que les partis s’engagent à tenir des états généraux sur la santé. L’exercice permettrait de se pencher sur plusieurs grands enjeux du réseau, dont le Dossier santé numérique et l’état des infrastructures hospitalières, explique le président du CMQ, le Dr Mauril Gaudreault.
L’événement serait également l’occasion de faire le bilan de Santé Québec depuis son lancement en 2024, ajoute-t-il. La Fédération des médecins spécialistes du Québec affirme d’ailleurs que les partis doivent s’engager à « décentraliser, dépolitiser et débureaucratiser » la société d’État.
Ces états généraux réuniraient notamment des syndicats, des fédérations médicales, des ordres professionnels, des groupes citoyens et des organismes communautaires.
Organiser un sommet sur l’itinérance
Au printemps dernier, une coalition menée par l’ancienne première ministre Pauline Marois a réclamé la tenue d’un sommet national sur l’itinérance d’ici l’été 2027, afin de mieux coordonner les actions dans ce dossier. Le CMQ souhaite que les partis reprennent cet engagement.
En février, cet ordre professionnel a créé un groupe de réflexion chargé de déterminer comment la communauté médicale peut mieux répondre aux besoins des personnes qui se trouvent à la rue. Son rapport définitif est attendu en septembre.
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