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Mai 1969 : le contrat est signé
Après une recherche ardue d’un client (New York et l’Ontario ont été envisagés) pour le financement de la construction d’un barrage hydroélectrique aux chutes Churchill, la Churchill Falls (Labrador) Corporation (CFLCo) signe un contrat avec Hydro-Québec, qui est l’un de ses actionnaires depuis 1963.
Le contrat qui expire en 2041 stipule que la société d’État achète la quasi-totalité de l’électricité produite à la centrale (4800 des 5300 mégawatts) à un prix fixé à 0,3 cent par kilowattheure (kWh), puis à 0,25 cent et finalement à 0,2 cent depuis 1996.
Novembre 2018 : en Cour suprême pour une dernière fois
Au fil des ans, le contrat signé avec Hydro-Québec est devenu un litige, Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.) tentant à maintes reprises de forcer la société d’État à rouvrir le contrat qui lui est défavorable.
Le tout a culminé en novembre 2018 lorsque la Cour suprême du Canada a entendu pour une troisième fois la cause terre-neuvienne, se penchant cette fois-ci sur la notion de « bonne foi » et sur la nature « relationnelle » de l’entente, selon T.-N.-L.
Tout comme dans ses jugements de 1984 et de 1988, la Cour suprême a donné raison à Hydro-Québec, notamment en raison des risques qu’avait engendré la société d’État à une époque où la demande en hydroélectricité était loin de ceux d’aujourd’hui.
Décembre 2024 : une nouvelle entente
Dès 2016, alors qu’il n’est pas encore premier ministre, François Legault évoque la possibilité de rouvrir le contrat pour renégocier l’entente sur Churchill Falls afin de conclure un partenariat énergétique avec T.-N.-L.
Les négociations entre le gouvernement Legault et celui du premier ministre de T.-N.-L., Andrew Furey, se terminent finalement le 12 décembre 2024. L’entente de principe prévoyait garantir l’accès pour le Québec à 7200 MW jusqu’en 2075 à un prix moyen de 4 cents par kWh, soit environ 20 fois plus que ce que la province paie aujourd’hui.
Le développement de deux nouveaux projets — Gull Island (pour une mise en service en 2034-2035) et CF2 (mise en service à l’horizon 2035) — et une augmentation progressive de la puissance de la centrale de Churchill Falls font aussi partie de l’accord qui devait remplacer celui de 1969.
Mai 2026 : T.-N.-L. veut revoir l’entente
Mais tout ne fut pas rose : suite à la démission d’Andrew Furey à la tête de T.-N.-L., ce sont les progressistes-conservateurs de Tony Wakeham qui sont portés au pouvoir en octobre 2025. Lors de son discours de victoire, ce dernier avait promis que les habitants de sa province allaient approuver via référendum l’entente avec le Québec.
Puis, en décembre 2025, M. Wakeham a lancé un examen indépendant sur l’entente qui devait terminer ses travaux avant le 30 avril de l’année suivante. C’est finalement au mois de mai que le rapport, qui s’est avéré défavorable à une entente avec Hydro-Québec, est publié. Le premier ministre de T.-N.-L. a alors décidé de remettre l’entente sur la table à dessin.
Août 2026 : encore une nouvelle entente
Au terme de nouvelles négociations, Québec et T.-N.-L. ont finalement révélé lundi le contenu de leur nouvelle entente qui, si entérinée, permettrait au Québec de se garantir un accès à 10 000 MW au prix moyen de 6,2 cents par kWh pour les 50 prochaines années.
Au coût estimé de 70 milliards de dollars, l’entente inclut aussi la centrale de Gull Island, l’extension de Churchill Falls et un projet éolien qui est encore à l’étude.
Sa survie pourrait toutefois être dans les mains du prochain gouvernement qui sera à la tête du Québec comme celle-ci doit être approuvée avant mars 2027 et que les Québécois seront appelés aux urnes au plus tard le 5 octobre prochain.


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