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La stratégie militaire du Kremlin peut parfois surprendre. Alors que Moscou lorgne sur les dernières technologies militaires, l'industrie de la défense russe entend fabriquer, en 2027, jusqu'à 14.000 exemplaires du missile de croisière Dan-T. Petite précision: son prototype remonte au siècle passé.
Le Dan-T a connu une histoire atypique. Baptisé Dan-M à l'origine, il s'agissait d'un drone à réaction développé au début des années 1990 par le bureau russe Sokol. Cette technologie était pensée pour imiter les missiles de croisière américains Tomahawk et entraîner les systèmes de défense aérienne, comme le détaille un article du site ukrainien Euromaidan Press.
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Mais la version 2027 connait quelques optimisations: exit le système de récupération par parachute. À la place, les ingénieurs ont prévu d'équiper l'engin d'une ogive de 135 kilos. L'arme dispose d'une portée de 500 kilomètres et se guide elle-même par satellite et par navigation inertielle, sans nécessiter de liaison avec un opérateur.
La production pourrait débuter rapidement
L'objectif de la Russie est de produire suffisamment de missiles pour pouvoir pilonner les villes ukrainiennes. Jusqu'à 2.000 exemplaires pourraient sortir d'usine d'ici la fin de l'année, avant une forte accélération en 2027, selon l'agence de presse RBC-Ukraine. Ces engins inquiètent Dmytro Putiata, vétéran militaire ukrainien, qui prédit «un très grand nombre de problèmes» liés aux Dan-T. Les experts redoutent notamment une utilisation massive de ces missiles: lancés en grand nombre, ils pourraient mettre à rude épreuve la défense aérienne de Kiev.
La technologie dispose d'une autre corde à son arc: son coût de production. Le Dan-T serait jusqu'à 35% moins cher que le système Banderol, pour la même efficacité technique. À terme, il pourrait bien le remplacer. Aujourd'hui, Moscou fabrique environ quatre-vingts unités de Banderol par mois.
Dans le futur, le Dan-T pourrait cibler les véhicules blindés et les infrastructures. Lancés en grand nombre, ces engins viendront s'ajouter aux Geran et aux missiles de croisière et balistiques qui saturent déjà le ciel ukrainien.
En parallèle, les deux belligérants se tournent vers l'intelligence artificielle (IA) pour doper leurs stratégies militaires. En août, le ministère de la Défense ukrainien a affirmé que plus de soixante-dix systèmes utilisés par les militaires ont recours à l'IA pour frapper les cibles ennemies. La Russie aurait, elle, développé un drone baptisé V2U. Boosté par l'IA, il serait capable d'attaquer en parfaite autonomie. À l'heure où les technologies de pointe essaiment, l'exemple du Dan-T rappelle que, parfois, un prototype vieux de plus de trente ans peut être transformé en arme de masse.





























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