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La Russie est une menace «structurante» mais la guerre n’est pas «inéluctable», affirme le chef d’état-major de l’armée de Terre

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L’Europe a «de très nombreux atouts» pour dissuader Moscou d’engager un conflit armé avec le continent, a estimé le général Pierre Schill en marge du Forum de Paris pour la défense et la stratégie.

L’attention s’est focalisée ces dernières semaines sur le conflit au Moyen-Orient, mais une guerre fait toujours rage sur le continent européen. La Russie continue de gagner du terrain en Ukraine, et les États frontaliers ne cessent d’alerter sur la menace que représente son armée pour l’Europe, à court ou moyen terme. S’il confirme que cette menace russe est «structurante», et même «la principale», le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, assure qu’une guerre entre la Russie et les pays européens n’est pas «inéluctable».

«Je suis d’accord avec le fait que la Russie est une menace, que la Russie a une politique impériale, qu’elle a une armée extrêmement puissante et qu’elle a déjà démontré, notamment par l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, qu’elle était prête à employer cette armée pour parvenir à ses fins. Maintenant, face à cette Russie, nous avons de très nombreux atouts», a expliqué le général Pierre Schill au micro de France 24, ce mercredi, en marge du Forum de Paris pour la défense et la stratégie. En tant qu’«alliés» des pays de l’est de l’Europe, nous «avons dit que si jamais ils étaient agressés, [...] nous allions contribuer à leur défense». «C’est une réalité, cette menace, mais elle n’est pas inéluctable, elle ne va pas se déclarer de manière inéluctable», a-t-il ajouté.

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Être «forts, déterminés et crédibles» face à Moscou

Un discours moins alarmiste que celui du chef d’état-major des Armées, le général Fabien Mandon, qui avait estimé lors du Congrès des maires de France en novembre que la France devait «accepter de perdre ses enfants» à la guerre, et restaurer sa «force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est». De quoi susciter une vive polémique dans la classe politique, au point que la porte-parole du gouvernement avait dû éteindre le feu en promettant deux jours plus tard que «nos enfants» n’iront pas «combattre et mourir en Ukraine».

En réalité, c’est le chef des armées en personne, en l’occurrence Emmanuel Macron, qui n’a eu de cesse ces derniers mois de rappeler la «menace existentielle» que représente Moscou. Et le président de la République ne se livre pas à un simple exercice rhétorique. Il reprend en réalité la doctrine définie dans la Revue nationale stratégique 2025, document officiel qui présente une vue d’ensemble de l’environnement de sécurité du pays et oriente les politiques de défense. Il y est écrit noir sur blanc que la Russie «menace le plus directement aujourd’hui et pour les années à venir les intérêts de la France, ceux de ses partenaires et alliés». Une «guerre ouverte contre le cœur de l’Europe» est même perçue comme la «principale menace» pour la France et les Européens «d’ici 2030».

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Le général Pierre Schill ne nie pas cette menace mais estime que tout «l’enjeu» est de déterminer comment les pays européens peuvent être «forts, déterminés, crédibles collectivement», et comment la France peut-être un «ferment» dans ce «collectif». L’idée étant que «si on revenait au 24 février 2022 (date de début de l’invasion russe en Ukraine, NDLR) le président Poutine se dise “Ah non, ce n’est peut-être pas une bonne idée d’y aller”.»

«Loin d’être la seule menace»

Le chef d’état-major de l’armée de Terre souligne par ailleurs que Moscou est «loin d’être la seule menace et le seul domaine dans lequel la France et les pays européens vont intervenir. Nous devons continuer à pouvoir nous intéresser aux affaires du monde, à pouvoir aider, prévenir les crises au-delà du seul continent européen.»  Reste à savoir si les Européens et leurs armées en ont la capacité, alors que les crises se déclenchent et se règlent de plus en plus sans eux, et que «les technologies, la stratégie, la culture et les formes de la guerre sont en évolution», reconnaît le général Pierre Schill.

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Lors du Forum de Paris pour la défense et la stratégie qui s’est tenu mercredi, plusieurs hauts gradés ont ainsi pointé du doigt le retard occidental, l’amiral Pierre Vandier soulignant notamment que «notre industrie a construit des systèmes qui ne peuvent pas être produits en masse», ou encore que pour défendre leur ciel, les Européens auraient besoin de «dix fois plus de batteries Patriot». Les drones ? «Il y a quatre ans, il n’y en avait pas. Depuis, il y en a des centaines de milliers, voire des millions», analyse le général Pierre Schill. Mais «l’Armée de Terre se prépare à faire face à toutes les menaces», promet-il.

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