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Malgré de nombreuses opérations musclées, la Russie piétine sur le front ukrainien depuis deux ans. Un rapport du Center for Strategic & International Studies (CSIS) publié le 27 janvier analyse les trois principales zones de progression des forces russes depuis la prise de la ville d'Avdiïvka, dans l'oblast du Donetsk, en février 2024. Résultat: Moscou avance à un rythme qualifié de «l'un des plus lents de l'histoire des guerres modernes».
«Les forces russes ont avancé de 15 à 70 mètres par jour, en moyenne, lors de leurs offensives les plus importantes, écrivent les chercheurs. Un rythme inférieur à celui de presque toutes les grandes attaques menées au cours du siècle dernier.» Ces conclusions contrastent fortement avec le récit triomphal entretenu par le Kremlin.
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Depuis des mois, le président Vladimir Poutine répète à l'envi que Moscou engrange des avancées significatives sur le terrain. Dans les faits, l'analyse détaillée du front dessine une réalité bien plus modeste, malgré l'intensité des combats en 2024 et 2025.
Officiellement, les militaires russes affirment avoir pris le contrôle de Koupiansk, dans le nord de l'Ukraine, ainsi que de Pokrovsk et Tchassiv Iar, dans l'est. De son côté, Kiev dément, assurant maintenir des poches de résistance et repousser fermement les assaillants. Les experts du CSIS ont tenté d'y voir plus clair, comme le rapporte Business Insider.
Des avancées ténues
Pokrovsk apparaît comme le secteur où la progression russe est la plus rapide: environ 70 mètres gagnés par jour, soit près de 50 kilomètres en deux ans. Une avancée calculée selon la distance parcourue en ligne droite, qui ne reflète pas la superficie réelle du territoire conquis. À Koupiansk et Tchassiv Iar, les avancées mesurées contredisent les déclarations victorieuses du Kremlin: seuls 23 mètres sont grappillés quotidiennement dans l'oblast de Kharkiv, un chiffre qui chute à 15 dans la région du nord du Donetsk.
À titre de comparaison, les troupes franco-britanniques avançaient d'environ 80 mètres par jour lors de la bataille de la Somme, pendant la Première Guerre mondiale. Historiquement, les Russes ont su se montrer plus agressifs: sur le front de Leningrad en 1943, les soldats gagnaient près d'un kilomètre quotidiennement.
La défense ukrainienne, elle, se démarque. Lors de la contre-offensive de Kharkiv en 2022, les forces de Kiev ont repris environ 7,4 kilomètres par jour. Même l'incursion temporaire à Koursk a permis de gratter près de 1,3 kilomètre journalier. Des petites victoires, dans un contexte d'invasion à grande échelle.
Une guerre d'usure qui profiterait à Kiev
Pour les experts, la lenteur russe s'explique avant tout par l'enlisement dans une guerre d'usure. Cette typologie de conflit avantage largement le défenseur, surtout depuis la généralisation des drones en vue subjective (SPV). «La ligne de front orientale est saturée de drones. Il en résulte que les déplacements de véhicules sont difficiles dans un rayon de 15 kilomètres autour de la ligne de front», expliquent les auteurs du rapport.
En Ukraine, la situation reste néanmoins précaire. La pénurie de soldats, l'essoufflement du soutien américain et les raids russes contre les infrastructures-clés fragilisent le pays. La défense semble toutefois tenir: depuis 2022, la Russie n'a conquis «que» 75.000 kilomètres carrés, bien loin de l'objectif initial d'occupation totale du pays, d'une superficie de plus de 600.000 kilomètres carrés.
Sur le plan humain, le coût est colossal pour Moscou. Selon plusieurs analyses, la Russie aurait enregistré deux fois plus de morts et de blessés que l'Ukraine en 2025. «Environ 415.000 victimes russes ont été recensées rien qu'en 2025, soit une moyenne de près de 35.000 victimes par mois», rapportent les chercheurs. Malgré des primes d'engagement attractives, le Kremlin peine à renouveler ses effectifs.
À ce stade du conflit, la Russie avance donc lentement, au prix d'un effort humain important. Les chiffres du CSIS racontent une guerre d'usure figée, où chaque mètre gagné coûte cher.





























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