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Au fil des millions de documents dévoilés par la justice américaine, fin janvier, les déflagrations de l'affaire Epstein se poursuivent, révélant même des liens entre le criminel sexuel et le pouvoir russe. Le rôle joué par l’intermédiaire du sulfureux Robert Maxwell, père de Ghislaine, son ex-compagne et complice, soulève de nombreuses interrogations.
Publié le 10/02/2026 08:20
Temps de lecture : 3min
Documents non datés fournis par le département de la Justice américain le 30 janvier 2026, dans le cadre de l'affaire Jeffrey Epstein. (MARTIN BUREAU / AFP)
Derrière le dossier tentaculaire incriminant Jeffrey Epstein, milliardaire pédophile retrouvé mort dans sa cellule en 2019, bien d'autres dimensions dépassent le scandale sexuel. Il y a notamment une question lancinante : travaillait-il pour le compte des renseignements russes ?
Cette question en implique d'autres, sur ses liens avec Donald Trump ou encore sur l'existence - réelle ou fantasmée - d'une liste de clients compromis dans ses activités sordides. S'agit-il, en somme, de la plus grande opération de "kompromat" de l'histoire ? Ce mot russe désigne une méthode de chantage avec l'utilisation d'images, authentiques ou fabriquées, qui permettent de faire pression sur une personnalité, qu'on a, par exemple, photographiée en compagnie d'une amante ou d'une prostituée.
Cette méthode était une sorte de "marque déposée" ou de signature du FSB (le renseignement russe) à l'époque où Vladimir Poutine en était un agent chevronné. La question qui court donc aujourd'hui est : le maître du Kremlin, dont la relation avec Donald est depuis longtemps entourée de mythes et d'interrogations, a-t-il un dossier qui lui permet de "tenir" le président américain et d'influencer sa politique ?
C'est là qu'on en revient à l'affaire Epstein, car les documents rendus publics confirment les liens de l'homme d'affaires avec des personnalités influentes à Moscou, jusqu'à des cercles proches de Vladimir Poutine. Dans les documents publiés par le département américain de la Justice, le 30 janvier, des mails témoignent d'échanges entre 2011 et 2019, où Jeffrey Epstein a servi de médiateur pour des représentants de l’élite russe, lors de transactions immobilières ou de montages financiers offshore.
Il n'y a pas de quoi prouver qu'il était un espion, mais c'est assez pour alimenter les soupçons nourris par l'impunité dont il bénéficiait, alors même qu'il aidait, par exemple, Moscou - c'est aussi documenté - à contourner des sanctions occidentales et américaines.
Jeffrey Epstein a également mis en relation des personnalités russes avec des figures de la galaxie Trump, comme Peter Thiel, et de la Silicon Valley. Toutes ces révélations ont poussé le Premier ministre polonais Donald Tusk à réclamer, début février, une enquête sur ses liens avec la Russie.
Ces liens pourraient être liés à sa complice Ghislaine Maxwell, une Anglaise dont le père, Robert, a lui aussi une vie entourée de mystères. Cet ancien magnat de la presse, retrouvé mort en mer au début des années 90, a longtemps servi d'intermédiaire entre les services de renseignements britanniques et soviétiques. Sa maison d'édition, basée à Londres, publiait d'ailleurs les recueils de grands dirigeants de l'URSS comme Brejnev.
Alors a-t-il servi de modèle à Epstein ? Impossible à dire aujourd'hui, comme rien ne permet de prouver que le financier était au cœur d'une gigantesque opération de manipulation orchestrée par Moscou. Ghislaine Maxwell détient peut-être une partie de la vérité, mais elle a gardé le silence lors de l'audition devant le Congrès, lundi 9 février.
La femme, condamnée en 2022 à 20 ans de prison, vit dans l'espoir d'une grâce présidentielle, que seul un certain Donald Trump pourrait lui accorder.


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