NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Y a-t-il encore un aspect de la rivalité entre Sidney Crosby et Alexander Ovechkin qui n'a pas été exploré? Les buts, les points, les honneurs individuels, les Coupes Stanley, tout y est passé. Les deux antagonistes ont même inspiré la série télévisée Rivalité passionnée, l'un des grands phénomènes de la dernière année.
Il va sans dire que beaucoup d'encre a coulé depuis l'incipit du récit des deux hockeyeurs dans la Ligue nationale de hockey (LNH), lors de la saison 2005-2006. Mais voilà que, 20 ans plus tard, le dernier chapitre pourrait bien s'écrire devant nos yeux.
Advenant la retraite du capitaine des Capitals à l'issue de la saison et l'absence de plus en plus probable de l'équipe du tournoi printanier, les matchs de samedi et de dimanche contre les Penguins de Pittsburgh pourraient bien être synonymes de la fin de l'ère Crosby-Ovechkin.
Je reçois plus de demandes pour utiliser les deux billets que j'ai pour le match de samedi que je n'en ai reçu depuis très, très longtemps. Les gens attendent ce match avec impatience, note le commentateur des matchs des Penguins de Pittsburgh, Phil Bourque.
Pour celui qui en est à sa 22e année dans ce rôle et qui a, par le fait même, assisté à tous les affrontements entre les deux joueurs, il s'agit non seulement d'une rivalité légendaire, mais aussi de la plus grande de l'histoire du hockey.
Je pense que c'est encore mieux que Mario Lemieux contre Wayne Gretzky. Ils évoluaient dans des divisions différentes, dans des associations différentes, et ils ne se sont pas affrontés si souvent, explique Bourque.
Ces deux talents exceptionnels de leur génération jouent non seulement dans la même division, mais pour remporter leur coupe Stanley, chacun a dû passer par l'autre. C'est ce qui en a fait la meilleure rivalité.
Pour moi, c'est au niveau de Magic Johnson et Larry Bird, souligne le journaliste spécialisé des Capitals pour le réseau Monumental Sports Network, Tarik El-Bashir, en faisant référence aux anciennes vedettes des Lakers de Los Angeles et des Celtics de Boston, dans la NBA.
La rivalité Crosby-Ovechkin survient à une époque où les réseaux sociaux, les vidéos virales, les mèmes et tout le reste occupent le devant de la scène. Il y avait peut-être une rivalité plus intense dans les années 70 ou 80, mais elle n'a pas été aussi documentée que celle-ci, ajoute-t-il.
Des vedettes instantanées
Choisis respectivement au premier rang du repêchage de 2004 et de 2005, Alexander Ovechkin et Sidney Crosby ont fait sensation dès leur arrivée dans la LNH, en 2005-2006. Et les attentes, aussi grandes fussent-elles, ont toutes été dépassées.
Dès leur première saison, le Russe et le Canadien se sont hissés parmi les meilleurs de leur profession, comme en font foi leurs récoltes de 106 et 102 points chacun. Pour la première fois de l'histoire, deux recrues atteignaient le plateau des 100 points la même année.
En janvier de leur première saison, je me disais déjà : ''Oh oui, ces gars-là vont devenir d’excellents joueurs et vont le rester pendant longtemps'', se souvient El-Bashir.
Ils sont arrivés à un moment où la LNH avait bien besoin de sauveurs. Elle sortait d'une année entière de lock-out. Le hockey n'avait jamais été dans une situation aussi difficile à l'issue de la saison 2004-2005, qui n'a finalement pas eu lieu, indique-t-il.
Ces deux joueurs subissaient une pression énorme. Dès leur arrivée, ils ont apporté exactement ce dont la LNH avait besoin.
On ne sait jamais vraiment, avant les 10 ou 15 premiers matchs, comment ils vont démarrer. Est-ce qu'ils vont se contenter de tâter le terrain? Aucun des deux ne l'a fait. Ils ont tout simplement fait une entrée fracassante dans la ligue, souligne pour sa part Bourque.
La Ligue nationale a été chanceuse, choyée d'avoir deux icônes comme ça, aussi talentueuses, aussi charismatiques, dit Pascal Dupuis, ancien coéquipier de Crosby avec les Penguins.
Un match d'anthologie

Alexander Ovechkin et Sidney Crosby se sont affrontés pour la première fois dans les séries éliminatoires en 2009.
Photo : Associated Press / Bruce Bennett
Les affrontements entre ces deux futurs membres du Temple de la renommée ont donné lieu à plusieurs moments mémorables, mais il y en a un qui sort particulièrement du lot : le duel des tours du chapeau.
En 2009, Crosby et Ovechkin ont vécu leur premier choc dans les séries éliminatoires, en demi-finale de l'Est. Et lors du deuxième affrontement, les partisans en ont eu pour leur argent. Les deux principales têtes d'affiche de la LNH leur ont offert un match d'anthologie avec un triplé chacun.
J'étais au banc pour regarder ça, raconte en riant Dupuis, dont le temps de jeu était alors plus limité.
Tu es aux premières loges pour voir leur talent et leurs habiletés, mais en même temps, leur caractère de gagnants. [...] Quand tu es dans les séries, et que tu as le meilleur joueur de l'autre côté qui marque, c'est sûr que ça venait bouillonner en dedans de l’autre, ajoute-t-il.
À les voir se renvoyer la balle, on aurait presque dit qu'il n'y avait personne d'autre sur la glace. C'était un moment incroyable. Chaque fois qu'Ovechkin touchait la rondelle, on s'attendait à ce qu'elle finisse dans le filet, et réciproquement, se remémore Bourque.
Deux gladiateurs se sont livré un combat acharné : que le meilleur l'emporte, que la meilleure équipe l'emporte. Ce soir-là, Washington a été l'équipe la plus forte, mais on peut dire que ces deux joueurs ont vraiment tout donné sur la glace.
Alors journaliste spécialisé pour le Washington Post, Tarik El-Bashir garde lui aussi un souvenir indélébile de ce moment.
Rédiger un article sur un match dans les délais, c'est déjà assez difficile dans les séries éliminatoires, mais quand les deux meilleurs joueurs de la planète se livrent un duel acharné – but, après but, après but – et qu'on ne sait pas ce qui va se passer… Je me suis dit : ''Oh mon Dieu, je ne vais jamais réussir à transmettre toute cette effervescence et ce moment incroyable dans un article de 1000 mots, avec l'échéance qui approche.''
Les Capitals avaient gagné ce match 4-3, mais, ultimement, les Penguins avaient remporté la série en sept matchs. Crosby et sa bande avaient ensuite défait les Hurricanes de la Caroline et les Red Wings de Détroit pour mettre la main sur la coupe Stanley.
Les deux rivaux se sont affrontés à trois autres reprises dans les éliminatoires, en 2016, 2017 et 2018, et, chaque fois, le gagnant a soulevé le précieux trophée la même année.
De l'animosité au respect
Que ce soit en raison de leur style de jeu ou de leurs personnalités diamétralement opposées, il est à la fois facile d'opposer Crosby et Ovechkin et difficile de les comparer.
Dès son plus jeune âge, Sidney, en raison de toute la pression qui pesait sur lui, a toujours dû se montrer irréprochable. Il devait toujours trouver les mots justes, dit El-Bashir.
Au début, ''Ovi'' était un peu un enfant turbulent. Il faisait un peu ce qu'il voulait et disait tout ce qui lui passait par la tête, ajoute-t-il.
Rapidement, il a fallu choisir un camp et répondre à la question qui était sur toutes les lèvres : qui est le meilleur joueur?
Visiblement soucieux de donner raison à leurs partisans respectifs, Crosby et Ovechkin ne se laissaient pas un pouce sur la glace, ou en dehors, et dès leurs premiers affrontements.
Je me souviens qu’au début, pendant les premières années, ils se disputaient près des bancs quand ils effectuaient un changement, ils se regardaient et se lançaient des piques par-dessus les bancs. Il y avait de la colère et de l’animosité entre eux. C’était une vraie rivalité, raconte El-Bashir.
Depuis, cette inimitié semble toutefois avoir laissé place au respect.
L'évolution de leur relation au fil des ans est une histoire que je raconterai à mes petits-enfants. [...] Ils étaient rivaux jusqu'au bout des ongles, leurs équipes l'étaient aussi. Ils ne s'appréciaient pas, explique El-Bashir.
Voir Evgeni Malkin et Sidney Crosby offrir à ''Ovi'', après qu’il eut marqué son 895e but, une Rolex avec le nombre 895 gravé sur le fermoir montre bien comment, en l’espace de deux décennies, deux gars qui ne pouvaient pas se supporter sont devenus très respectueux l’un envers l’autre et ont compris l’importance et la portée de ce qu’ils ont accompli au cours de leur carrière, ce que cela a apporté à la LNH.
Pascal Dupuis abonde dans le même sens : Je ne dirais pas qu’ils sont les meilleurs amis, mais il y a un respect mutuel, c'est sûr et certain, de la carrière de chacun.

Alexander Ovechkin et Sidney Crosby ont également pu enfiler le même uniforme le temps de quelques matchs des étoiles, dont en 2017.
Photo : Getty Images / Bruce Bennett
Pour l'attaquant des Capitals Anthony Beauvillier, qui a connu un bref passage de 63 matchs avec les Penguins la saison dernière, il y a au moins quelques dénominateurs communs aux deux capitaines.
Ce sont deux très grands rassembleurs, indique-t-il. Ce sont deux gars extrêmement compétitifs. Que ça soit en jouant au golf miniature, que ça soit en jouant aux cartes, les deux veulent vraiment gagner à tout prix.
Dans leur façon d'être, je dirais que Crosby rend les choses vraiment plus compétitives, il va amener une certaine intensité, que ce soit dans les pratiques ou dans sa préparation. Ovechkin va essayer de rendre l’atmosphère plus détendue, il va un peu plus essayer de faire des blagues, de faire rire les gars.
Beauvillier n'a pas vécu les débuts de la rivalité Crosby-Ovechkin, mais assure que celle-ci ne se fait pas sentir dans le vestiaire.
Ils veulent gagner à tout prix, ils ont commencé dans la ligue en même temps, ça a été deux grandes vedettes dans la ligue, donc c'est sûr qu'à un moment donné, ça devient une rivalité, mais je pense que les médias en ont fait un plus gros plat.
Sur la glace, ce sont deux compétiteurs. Ils ont eu tellement de matchs de séries l'un contre l'autre que c’est devenu Crosby contre Ovechkin. Et c’est encore ça, 20 ans plus tard.
Aura-t-on droit à une autre rivalité de cette ampleur dans la LNH? L'avenir nous le dira. Mais force est d'admettre que plusieurs astres devront s'aligner pour au moins établir un comparatif digne de ce nom.
Il faudra que ce soit à nouveau quelque chose d'exceptionnel. Il faudra un méchant et un gentil, si possible dans la même division, qu'ils s'affrontent en séries éliminatoires. Avec un peu de chance, les deux remporteront la Coupe Stanley. Et au bout du compte, on fait le bilan, on voit qui en a le plus, dit Phil Bourque.
Je ne sais pas si l'on reverra ça un jour. On ne peut qu'espérer, car celle-ci, entre ''Sid'' et ''Ovi'', est vraiment spéciale.


2 month_ago
79



























.jpg)






French (CA)