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La révocation de ce chef de cantine "colérique" dans un hôpital de l'Indre, est annulée par la justice

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Révocation annulée pour le chef de cantine "colérique" de l'hôpital de Levroux (Indre) dont certains collègues dénonçaient un management agressif.

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Le chef de restauration a été mis en cause par certains de ses collègues pour un management

Le chef de restauration a été mis en cause par certains de ses collègues pour un management « agressif » mais la justice a estimé la sanction « disproportionnée ». (©Illustration-AdobeStock-Gerhard Seybert)

Par Laurent REBOURS Publié le 14 juin 2026 à 18h10

Le tribunal administratif de Limoges (Haute-Vienne), dans une décision qui vient d’être rendue publique, a annulé la décision de révocation du responsable de la restauration du centre hospitalier de Levroux (Indre). Présenté comme « colérique », ses collègues avaient dénoncé ses « réactions impulsives ». Cinq agents placés sous son autorité avaient en fait expliqué souffrir de « conditions de travail notablement dégradées« , en raison d’une « charge de travail importante », de « difficultés rencontrées (…) dans l’accomplissement de leurs tâches » mais « aussi et surtout » du « caractère colérique, particulièrement exigeant et de l’attitude violente tant verbalement que gestuellement » de leur responsable qui tapait du poing sur la table, claquait les portes et criait.

« De la nervosité, une peur à venir travailler » pour certains collègues

Au fil des mois, « une majorité des agents [avaient éprouvé] une nervosité voire une peur de venir travailler, de commettre des erreurs, d’être réprimandé par [leur responsable, ndlr], qui exerce un contrôle resserré sur leur travail ». 

Dès février 2025, une procédure disciplinaire avait donc été engagée à son encontre. Après une enquête administrative interne et la réunion du conseil de discipline, il avait finalement été révoqué de ses fonctions le 25 juin 2025.

Estimant qu’aucun « manquement caractérisé » ne pouvait lui être « reproché » et que « les faits repris par le centre hospitalier de Levroux [n’étaient] constitués que de paroles rapportées », l’homme avait d’abord saisi le juge des référés du tribunal administratif de Limoges d’un référé-suspension. En juillet 2025, sa révocation avait ainsi été suspendue en raison d’un « doute sérieux quant à la légalité de la décision« .

Des faits « pas établis » et une sanction « disproportionnée »

En février 2026, les magistrats du tribunal administratif de Limoges réunis en formation collégiale ont donc réexaminé le dossier « au fond ». Le requérant maintenait que la matérialité des faits reprochés n’était « pas établie » et que la sanction était « disproportionnée ». Selon lui, l’un des entretiens qui avait été organisé dans le cadre de la procédure avait été « inquisitoire » et « à charge » à son encontre.

Mais au contraire, « les termes du compte-rendu de cet entretien (…) révèlent (…) une hiérarchie à l’écoute, offrant [au requérant, ndlr] la possibilité de s’expliquer sur sa vision de son travail et sur sa manière de diriger son service et soucieuse de lui faire comprendre les difficultés rencontrées par ses agents », relève le tribunal administratif de Limoges dans un jugement du 10 mars 2026 et qui vient d’être rendu public.

« Une attitude fermée et une gestuelle violente »

En réalité, le requérant s'est révélé dans l'incapacité d'être à l'écoute de ses subordonnés et les a placés, par son attitude fermée et sa gestuelle violente, ainsi que par ses réactions impulsives et colériques régulières, dans un climat de nervosité voire de peur.

Et le fait que « la cuisine qu’il dirige serait stable en matière d’effectifs » et qu’il n’y aurait « que peu ou pas d’arrêts maladie au sein du service » n’est pas « de nature à considérer que les faits ne sont pas établis ».

« S’assurer du bien-être au travail de ses agents »

Le chef de cuisine a donc bel et bien « méconnu les obligations qui s’imposent à lui en sa qualité de fonctionnaire et particulièrement de chef de service, notamment celle de s’assurer du bien-être au travail de ses agents ».

Même si, comme il le faisait valoir, « les agents (…) feraient preuve à cet égard de mauvaise volonté« , les faits sont donc « fautifs et de nature à fonder une sanction disciplinaire« .

En dehors de l’encadrement il donne « entière satisfaction »

Mais « en dehors de l’encadrement de ses subordonnés », son comportement donne « entière satisfaction tant à sa hiérarchie qu’aux autres agents de l’établissement ainsi qu’aux résidents », note le tribunal.

Il n’avait d’ailleurs « jamais fait montre d’un comportement fautif ni n’a été sanctionné depuis son recrutement en 2016″ et avait « entamé des démarches de soin » en prenant conscience du « caractère fautif de son comportement ».

Dans ces conditions, et malgré la gravité des faits, en choisissant la sanction de révocation, la plus forte susceptible d'être prononcée, le directeur du centre hospitalier de Levroux a entaché sa décision de disproportion.

Le tribunal administratif de Limoges a donc annulé la révocation du responsable de la restauration du centre hospitalier de Levroux. Son employeur devra, en outre, lui verser 1.200 euros pour couvrir ses frais de justice.

M.J. et C.B. (PressPepper pour actu Orléans)

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