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La ministre Sonia Bélanger a annoncé vendredi le déploiement de huit nouvelles cliniques d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) au Québec d’ici 2030. Si une clinique est prévue en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord brille par son absence, en dépit des défis de rétention auxquels la région fait face.
Le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) voit d’un bon œil la nouvelle Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne, dévoilée par la ministre de la Santé.

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a présenté sa nouvelle Politique sur les soins de première ligne, vendredi dernier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Celle-ci doit notamment assurer la prise en charge de chaque Québécois au sein d’un CLSC pour faciliter l’accès aux soins et favoriser la collaboration entre les professionnels de la santé. Pour Karine Ouellet-Moreau, présidente du SIISNEQ, c’est une bonne nouvelle, à condition que les besoins des régions soient reconnus.
Elle explique que le CISSS de la Côte-Nord a été le seul au Québec à imposer un modèle de coinscription obligatoire pour les IPS au sein des groupes de médecine de famille.
C’était quand même les IPS qui devaient faire la tâche [de prise en charge], mais le médecin restait inscripteur, alors c’est lui qui empochait les bénéfices liés à la prise en charge, résume Karine Ouellet-Moreau au micro de Bonjour la Côte.
C’était un irritant pour nos IPS, parce que c’est elles qui devaient assurer le suivi et porter la charge mentale médicale associée. C’est sûr que ça a pu faire partir des IPS de notre région.
Au-delà des promesses
La présidente ajoute que les promesses de Québec doivent rencontrer les réalités du terrain. Ce qui passe obligatoirement par le déploiement de ressources adaptées aux réalités du territoire.
On a toujours eu le même discours : on doit redonner du pouvoir aux gens sur le terrain. Si les CLSC sont une porte d'entrée, parfait. Si c’est plus accessible, parfait. Mais c’est sûr que ça prend les ressources nécessaires, prône-t-elle.

La présidente du SIISNEQ, Karine Ouellet-Moreau, accueille la nouvelle politique avec prudence. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Catherine Gosselin
Karine Ouellet-Moreau cite l'exemple des soins à domicile, un secteur qui, selon elle, doit être renforcé dans la région.
Quand on augmente l’offre de services, des fois, ça ne répond pas aux bonnes conditions de travail. […] Si on a deux infirmières à Forestville qui peuvent effectuer des gardes 24/7, à deux, elles sont toujours de garde; ce ne sont pas des postes intéressants, raisonne-t-elle.
Pour le moment, la présidente du SIISNEQ attend de voir la mise en œuvre concrète de la nouvelle politique avant de crier victoire.
D'après une entrevue de Bis Petitpas à l'émission Bonjour la Côte


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