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La remise à neuf des centrales de charbon est maintenant estimée à 2,6 milliards $

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La société d'État SaskPower a déposé des documents auprès de la Commission d'examen des tarifs de la Saskatchewan. Ces documents révèlent que la modernisation des centrales de charbon coûtera 2,6 milliards de dollars. Ce montant représente près du triple de l'estimation de 900 millions de dollars faite par Jeremy Harrison, le ministre responsable de la Société des investissements de la Couronne, il y a neuf mois.

Malgré cette hausse marquée, le gouvernement provincial maintient que la prolongation de la vie des centrales existantes jusqu'en 2050 reste le choix le plus économique pour la population.

Selon SaskPower, cette décision permettrait d'économiser plus de 21 milliards de dollars en dépenses en capital par rapport à une transition immédiate vers des infrastructures conformes aux nouvelles normes fédérales sur l'électricité propre.

Jeremy Harrison, ministre responsable de la Société des investissements de la Couronne de la Saskatchewan, le 26 mars 2026.

Jeremy Harrison a expliqué aux médias la position du gouvernement provincial sur les actifs charbonniers.

Photo : Radio-Canada / Adam Bent

Jeremy Harrison a répété que la sécurité énergétique est au cœur de cette décision.

C'est de loin le chemin le plus abordable, a-t-il soutenu. Il a indiqué que l'utilisation du charbon local réduisait la dépendance de la province sur le gaz naturel qui est importé de l'Alberta ou des États-Unis.

Hausse des tarifs d'électricité et pari risqué

Pour financer ces investissements et moderniser le réseau, SaskPower sollicite deux augmentations de tarifs de près de 4 % chacune.

Ces hausses sont prévues pour 2026 et 2027 et visent à éponger une partie des coûts de rénovation des installations vieillissantes qui n'auraient pas été entretenues de manière adéquate, selon certains observateurs.

Cette stratégie place la Saskatchewan en opposition directe avec le gouvernement fédéral. En choisissant de maintenir l'utilisation du charbon au-delà de 2030, la province ignore trois politiques climatiques fédérales différentes. Le gouvernement provincial justifie cette décision en qualifiant les règlements fédéraux d'inconstitutionnels.

Brett Dolter, professeur d'économie à l'Université de Regina, estime qu'il s'agit d'un gros pari. Il affirme que, si la tarification du carbone finit par être appliquée à l'électricité produite au charbon, celle-ci deviendra de loin l'option la plus coûteuse.

La province pourrait investir 2,6 milliards de dollars dans la rénovation de ces centrales et courir le risque qu'elles soient mises hors service et qu'elles soient transformées en actifs condamnés.

Inquiétudes dans le secteur industriel

L'Association des consommateurs industriels d'énergie de la Saskatchewan (SIECA), qui représente plus de 20 grands utilisateurs de gaz et d'électricité, a exprimé des doutes dans une lettre adressée à la Commission provinciale d'examen des tarifs.

La SIECA souligne que l'instabilité des politiques énergétiques crée une incertitude peu propice aux investissements.

Elle pointe aussi du doigt le manque de transparence et de consultation au sujet de la hausse de 3,9 % demandée par SaskPower. Elle note que la viabilité de l'ajout d'unités de capture du carbone pour compenser les émissions doit être examinée de plus près.

Bien que Jeremy Harrison avance que le charbon assure l'autonomie de la province en attendant la transition vers le nucléaire, Brett Dolter n'en est pas convaincu.

Il note que la Saskatchewan importe déjà 90 % de son gaz naturel de l'Alberta sans problème de sécurité majeur.

Brett Dolter ajoute que les futurs petits réacteurs nucléaires nécessiteront de l'uranium enrichi que le Canada ne produit pas encore, ce qui implique une dépendance par rapport aux États-Unis ou à la France.

Le dossier est maintenant entre les mains de la Commission d'examen des tarifs, qui devra peser les arguments de SaskPower face aux préoccupations des consommateurs et des experts.

Avec les informations de Katie Swyers

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