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La jeunesse franco-ontarienne veut avoir son mot à dire dans les décisions qui façonnent sa communauté. Au Congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), de jeunes délégués ont pris part aux discussions sur l’avenir du français dans la province, avec l’objectif de faire entendre leurs préoccupations et de contribuer aux solutions.
Leur présence s’inscrit dans une réflexion plus large, alors que les États généraux de l’Ontario français cherchent à établir une vision commune pour les prochaines années.
Pour ces jeunes, il ne s’agit pas seulement de préparer la relève, mais de reconnaître qu’elle participe déjà à la vitalité de la francophonie.
Une francophonie qui se conjugue au présent
« La relève est déjà là », insiste Ève Tremblay, la Grande témoin du Congrès de l’AFO cette année.
Nommée pour observer et synthétiser les discussions de ce rassemblement, l’étudiante à la maîtrise conteste l’idée de la jeunesse perçue uniquement comme une relève future .
Impliquée dans la francophonie ontarienne depuis l’adolescence, elle rappelle que les jeunes leaders sont déjà aux commandes dans leurs universités, leurs écoles secondaires et leurs communautés.
On est prêts à partager nos idées, à échanger avec les gens , soutient-elle, en rappelant qu’impliquer la jeunesse dans les prises de décision permet également de combler le fossé entre les générations.

Ève Tremblay porte la voix de la jeunesse cette année à titre de grande témoin du Congrès annuel de l’AFO.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
Un message que la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) a également voulu faire passer en envoyant des délégués pour siéger dans chacune des commissions liées aux travaux des États généraux.
Ces espaces de réflexion réunissaient les participants autour de quatre axes majeurs, soit l’immigration et l’appartenance, les services en français, la capacité d’agir ensemble et la gouvernance, dans l’objectif de cerner les priorités du Plan d’action communautaire de l’AFO.
Pour Félix Dubytz, vice-président de la FESFO, les jeunes ont bien leur place à la table de discussions.
La jeunesse a un mot à dire parce qu’elle est une partie intégrante, une partie prenante dans la façon dont la francophonie va se construire aujourd’hui , lance le jeune élève originaire de North Bay.
On est vraiment là pour s’assurer que la jeunesse soit entendue, respectée et prise en considération.

Félix Dubytz a fait le trajet de North Bay pour assister au Congrès annuel de l’AFO.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
Le président de la FESFO, Henri Lavergne, a lui aussi fait partie des discussions. Il se dit fier d’avoir imposé une perspective jeunesse aux réflexions qui orienteront les décisions des prochaines années.
Si on revient du Congrès avec une chose, c’est qu’on aura mis dans la tête des adultes qu’il faut écouter les jeunes , affirme-t-il.
Une loi à faire évoluer
Les 40 ans de la Loi sur les services en français de l’Ontario ont également donné l’occasion aux jeunes de poser un regard critique sur le chemin parcouru depuis son adoption.
Lors d’un panel consacré à cet anniversaire, la sous-ministre des Affaires francophones, Roda Muse, a rappelé l’importance historique de la loi tout en reconnaissant que les défis ont évolué après quarante ans.
En 1986, on avait un enjeu principal, qui était la reconnaissance législative du droit des services en français. En 2026, c’est surtout d’assurer une mise en œuvre complète, uniforme et moderne de ces droits , résume-t-elle.
Pour aborder cet enjeu sous la lentille de ceux qui ont toujours grandi avec cette loi, Mme Muse était accompagnée de quatre jeunes panélistes aux profils variés : Henri Lavergne de la FESFO ; Paule Véronique Fouda Mengue de l’Université de l’Ontario français ; Marème Racine Diongue de l’Université d’Ottawa et Ahdithya Visweswaran, un jeune issu de l’immersion française.
Au cœur des échanges, le défi de l’offre active a notamment retenu l’attention. Malgré les mesures actuelles, les jeunes ont soulevé que leur application demeure encore inégale sur le terrain.
Henri Lavergne en a d’ailleurs fait l’expérience à ServiceOntario, où il a dû attendre qu’un employé puisse le servir en français pour passer son examen de conduite.
Le droit d’être servi en français ne garantit pas nécessairement l’accès à un service en français , indique-t-il.

Le président de la FESFO, Henri Lavergne, a aussi participé au panel sur les 40 ans de la Loi sur les services en français.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
Pour Paule Véronique Fouda Mengue, ce genre de situations viennent favoriser ce qu’elle décrit comme le syndrome du francophone par défaut .
Je suis francophone et bilingue, mais lorsque j’arrive dans un environnement où je n’ai pas de services en français, eh bien je parle en anglais , illustre-t-elle.
Elle estime qu’une meilleure connaissance de la loi permettrait aux jeunes de réclamer leurs droits avec plus d’assurance.
Nous ne voulons plus être des francophones par défaut, nous voulons être des francophones par choix, par conviction et surtout par fierté
L’ensemble des panélistes ont convenu que la Loi sur les services en français doit maintenant surmonter sa crise de la quarantaine pour s’adapter aux réalités actuelles, que ce soit face aux défis d’appartenance, de l’intelligence artificielle ou de la diversité croissante de la communauté.


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