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Le retour de la traverse entre Rimouski et Forestville pourrait bien devoir attendre. Les investisseurs qui soutiennent le projet hésitent et donnent à Québec deux semaines pour s’engager financièrement, sans quoi l’achat du bateau pourrait être compromis, selon le promoteur.
Le traversier que l’entrepreneur avait annoncé avoir acheté en février est donc toujours en Grèce et il y restera si le gouvernement ne répond pas aux demandes du promoteur Louis-Olivier Carré. Le président des Industries Rilec veut obtenir 9 M$ de Québec pour la mise aux normes des infrastructures portuaires, essentielle au plein déploiement du service.
Sans ce financement, les investisseurs qui doivent appuyer M. Carré pour l'achat du bateau, au prix de 14 M$, pourraient lui faire défaut.
On se fait un peu prendre en otage dans cette histoire-là. Vu que le gouvernement ne s’engage pas [dans la mise aux normes des infrastructures], nos partenaires financiers gardent une réserve, affirme M. Carré.
Le lancement de la traverse Rimouski-Forestville est donc sérieusement remis en question pour cet été.

Jusqu'à tout récemment, les Industries Rilec affirmaient avoir acheté le bateau Perseas pour relancer la traverse Rimouski-Forestville. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté des Industries Rilec
Le promoteur doute qu'une réponse de la part de Québec arrive à temps, même s’il assure que les analystes du gouvernement au dossier y travaillent activement. Il faudrait vraiment qu’une approche différente soit adoptée, laisse-t-il tomber.
On a toujours eu un vent de face dans ce projet.
Les 9 M $ demandés à Québec doivent permettre aux camions d’utiliser les infrastructures portuaires de Rimouski et de Forestville pour monter à bord du traversier des Industries Rilec. L’entreprise a déjà exclu cette possibilité pour cet été, ce qui n’empêche pas ce service d’être essentiel à sa rentabilité à long terme.
Pour le moment, le cabinet du ministre responsable de la Stratégie maritime, Jean Boulet, n’a pas répondu à nos questions.

Louis-Olivier Carré et Guy Caron aimeraient voir la traverse revenir cet été. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Rimouski à la rescousse
Lueur d’espoir dans cette affaire : une résolution adoptée à Rimouski lundi dernier. Ce que la Ville a annoncé lundi pourrait avoir un impact positif dans le dossier, lance Louis-Olivier Carré.
La Municipalité de Rimouski promet des centaines de milliers de dollars pour aider le projet à se réaliser.
Rimouski prévoit une somme de 500 000 $ pour mettre aux normes ses installations portuaires. La Ville veut aussi aider Industries Rilec à éponger ses déficits d’opération pour les cinq premières années, à la hauteur de 300 000 $ par année.
Ça envoie un message comme quoi nous sommes prêts à investir.
Des embûches se dressent toutefois devant ces deux promesses. Dans le premier cas, les travaux sur les infrastructures portuaires pourraient ne pas être faits à temps pour le lancement espéré de la traverse, en juin, compte tenu des délais administratifs.
Octroi de permis, appels d’offres, tout ça peut prendre des mois, selon Guy Caron, qui demande donc à Québec une dérogation pour accélérer le début d’un chantier. Il souligne toutefois que ces mises aux normes ne sont pas essentielles à la lancée de la traverse.
Un autre traitement d’exception est requis de la part de l’administration municipale pour aider Industries Rilec à absorber des déficits. En effet, Rimouski, en tant que Municipalité, n’a pas le droit de subventionner une entreprise privée, explique M. Caron. Le maire demande à Québec de lever cet interdit.
La mairesse de Forestville, Micheline Anctil, n’a pas répondu pour préciser si sa Municipalité pourrait elle aussi envisager de telles mesures.
Avec les informations de Catherine Paquette


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