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La Conférence des préfets profite du début de la campagne électorale provinciale pour lancer la Déclaration de l’Abitibi-Témiscamingue. Cosignée par plusieurs municipalités et organismes, elle demande une redistribution plus équitable des investissements publics et une plus grande autonomie.
La Déclaration de l’Abitibi-Témiscamingue s’inscrit dans la foulée des conclusions de l’étude commandée par la Conférence des préfets et réalisée par la firme Aviseo en 2025. L’étude illustre un déséquilibre fiscal qui se situe chaque année entre 666 à 822 M$, entre ce que la région contribue à l’État québécois et ce qui lui revient en services et investissements publics.
C’est à cet écart persistant que la Conférence des préfets souhaite s’attaquer, en s’appuyant sur trois grands axes.
On demande la reconnaissance du caractère particulier de l’Abitibi-Témiscamingue. Des outils adaptés à notre réalité régionale. Puis une gouvernance qui permet à la région une plus grande autonomie. C’est autour de ces axes-là qu’on a travaillé, qu’on a porté ce message-là au cours de la dernière année, affirme le président Gilles Chapadeau.

La Conférence des préfets profite du début de la campagne électorale pour réclamer plus d'investissements en région. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Clara Fortin
Selon lui, les solutions uniformes appliquées par les gouvernements qui se succèdent ne font que pénaliser la région. On mentionne le caractère particulier de la région, l’étendue du territoire, la réalité du territoire qui n’est pas toujours bien comprise par les gouvernements, déplore-t-il.
On parle en campagne électorale de mettre fin au mur-à-mur, mais on continue quand même par la suite à appliquer cette notion du mur-à-mur. On veut que ça se termine. On veut que l’on comprenne bien la réalité de notre territoire.
Mobilisation hors du commun
La Déclaration de l’Abitibi-Témiscamingue est aussi le fruit d’une mobilisation régionale hors du commun, avec l’appui de 58 municipalités et 19 partenaires, dont les chambres de commerce, des syndicats et de plusieurs autres organisations régionales.
Le Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue est du nombre des cosignataires.

Bianca Bédard, directrice générale du Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
On y voyait certainement un gain très important de la part de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue de faire une mobilisation régionale en vue des élections provinciales cette année pour défendre les intérêts de notre région et faire connaître pleinement notre contribution au développement du Québec, estime la directrice générale, Bianca Bédard.
C'est l’occasion, selon elle, de faire valoir toute l’importance du développement durable pour la région.
Évidemment, l’activité industrielle va se maintenir en région, on n’est pas dupes, mais ça peut s’inscrire dans une logique de développement durable et augmenter massivement les investissements régionaux, pas uniquement pour l’économie, mais aussi pour des aspects plus écologiques, croit Mme Bédard.
Être entendu
Pour Gilles Chapadeau, cette importante mobilisation permet à la région de parler d’une seule voix et il croit que les candidats de la région aux élections provinciales n’auront pas le choix de l’entendre et de la porter ensuite au gouvernement.
Ça donne du poids à nos revendications, et par la suite, les municipalités et les organismes qui ont appuyé cette démarche-là pourront aller, eux aussi, de leurs revendications. Le territoire est vaste et les réalités sont différentes sur l’ensemble du territoire, rappelle M. Chapadeau.
La Conférence des préfets dévoilera par ailleurs ses cinq priorités pour le milieu municipal et le développement régional le 8 septembre prochain.


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