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Mercredi, douze jours après le début des bombardements en Iran, Giorgia Meloni s'est finalement présentée devant le Parlement italien pour s'exprimer sur la guerre au Moyen-Orient, pour un débat réclamé à grands cris par les partis d'opposition. La présidente du Conseil des ministres a exposé la position de sa coalition gouvernementale d'extrême droite et de droite. "L'Italie ne veut pas entrer en guerre", a-t-elle précisé. "Nous sommes face à une crise évidente du droit international et la première victime en est l'ordre mondial que nous avons toujours connu."
Pendant son discours d'une petite heure durant lequel Giorgia Meloni n'a jamais cité le nom du président américain Donald Trump qui a décidé, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, de lancer l'offensive contre l'Iran. "Rome n'a pas été conviée aux négociations avec l'Iran (sur son programme nucléaire, NdlR)" , explique Giorgia Meloni. "Je n'ai donc pas les éléments, pour confirmer ou infirmer avec certitude, les évaluations des États-Unis sur le fait que l'Iran n'était pas disposé à signer un accord définitif sur l'enrichissement de l'uranium. Le scénario dans lequel on se trouve avec les autres pays de l'Union européenne (UE) est donc de devoir choisir entre des mauvaises options."
Entre les lignes, on comprend que Giorgia Meloni préfère donc ne pas condamner la décision prise par les États-Unis et Israël de bombarder l'Iran. "Il vous manque le courage de garder la tête haute", lui a lancé Giuseppe Conte, ancien président du conseil et chef du Mouvement 5 Étoiles lors du débat très animé.
Giorgia Meloni joue les funambules entre l'Europe et TrumpLes Italiens opposés à la guerre
Giorgia Meloni est en train de vivre le moment le plus compliqué politiquement depuis son arrivée au pouvoir. Deux jours plus tôt, au téléphone avec un journaliste du Corriere della Sera, Donald Trump avait déclaré : "Giorgia Meloni est une excellente leader, elle cherche toujours à m'aider, et en plus c'est mon amie !" Pour la cheffe du gouvernement italien, cette amitié est de plus en plus problématique. Elle a certes téléphoné au président américain, après le début des bombardements, pour lui rappeler son soutien politique mais en espérant que ce dernier ne lui demanderait aucune aide logistique notamment l'usage des bases américaines situées en Italie.
Mis devant le fait accompli par Washington et Tel Aviv, les Européens doivent anticiper les conséquences du conflit en IranLa majorité des Italiens s'opposent totalement à ce que le pays apporte son appui militaire aux Américains dans le conflit au Moyen-Orient et Giorgia Meloni doit ménager son opinion publique qui considère qu'elle est trop complaisante avec l'occupant de la Maison-Blanche. Voilà pourquoi elle a tenu à souligner ses contacts réguliers avec le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz dans la tentative d'éviter une escalade du conflit.
Droits de douane et conseil pour la paix
Giorgia Meloni, qui avait gagné les élections en 2022 grâce à sa ligne souverainiste et une idéologie proche de la ligne MAGA de Donald Trump, est de plus en plus souvent mise en difficulté par son allié américain. Impossible pour elle de le critiquer, aussi celle qui se vantait d'être le pont entre les deux rives de l'Atlantique doit-elle faire le dos rond face aux partis d'opposition. Lorsque Donald Trump a imposé des tarifs douaniers à l'UE, elle avait déclaré que "cela pouvait se révéler une opportunité pour l'Italie".
Les Européens se présentent en ordre dispersé au Conseil de la paix de Donald Trump. Ou pas du toutElle avait dû justifier par des raisons constitutionnelles le refus de l'Italie de participer au très controversé Conseil de la paix lancée par le président américain, mais elle avait quand même envoyé son ministre des Affaires étrangères comme observateur. L'image d'Antonio Tajani, casquette MAGA sous le bras à Washington, a déclenché un tollé en Italie. Sans oublier le manque de réaction rapide du gouvernement italien, lorsque Donald Trump a déclaré que les pays alliés n'avaient pris aucun risque dans les guerres en Afghanistan et en Irak, dénigrant ainsi les militaires italiens décédés lors de ces conflits.
Bref, les silences de Giorgia Meloni face à Donald Trump commencent à lui coûter cher en termes d'images. Il y a quelques semaines à peine, Giorgia Meloni envisageait de proposer Donald Trump pour le prochain prix Nobel de la paix, dès qu'il aurait mis fin à la guerre d'agression de la Russie en Ukraine. Celle-ci est toujours en cours, elle peut difficilement cacher son embarras à présent que les bombes américaines pleuvent au Moyen-Orient.
Trump, l'allié puissant mais encombrant de l'extrême droite européennePour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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