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L’intelligence artificielle (IA) s’invite dans toutes les facettes de la vie humaine, mais elle a aussi des conséquences sur les animaux sauvages. Des chercheurs et des acteurs du milieu s’intéressent de plus en plus au potentiel et aux lacunes des outils de l’IA pour la faune.
Dans un article publié dans The Conversation (nouvelle fenêtre) (en anglais), Emily Wanderer s’est penchée sur un outil d’IA qui a été développé pour identifier des ours. Bear ID utilise l’apprentissage profond, qui permet à un programme d'apprendre à reconnaître un objet précis dans un ensemble de données, pour analyser des images d’ours prises en Colombie-Britannique et en Alaska.
Dans son article, Emily Wanderer fait notamment référence à une attaque de grizzli survenue à Bella Coola, en Colombie-Britannique, pour parler de la nécessité d’un tel outil.
Des tonnes de nouvelles données sont générées sur la façon dont les gens se déplacent, dont ils interagissent avec le monde, explique la professeure adjointe d’anthropologie à l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis. Et ces technologies sont également utilisées pour suivre la faune sauvage.

Emily Wanderer, professeure ajointe d’anthropologie à l’Université de Pittsburgh, s’intéresse aux différentes manières d’aider les chercheurs avec l’intelligence artificielle.
Photo : Aimee Obidzinski
Il peut s’agir de colliers de suivi avec l’usage du GPS, de satellites, de caméras et de dispositifs de surveillance bioacoustique, entre autres. Tous permettent de générer une énorme quantité de données sur les animaux, bien plus que ce qu'un être humain peut traiter ou gérer, croit Emily Wanderer.
Cette dernière souligne qu’il y a un « déclin draconien du nombre d'animaux » dans la nature (nouvelle fenêtre). Ainsi, nous devons faire preuve de plus de créativité pour trouver des moyens de protéger l'environnement.
Malgré son enthousiasme pour les outils d’intelligence artificielle, la spécialiste croit que cette technologie doit être accompagnée d’une surveillance continue et étroite de la part des humains.
Les conséquences de l’IA sur la représentation des animaux
Emily Wanderer dit qu’elle était auparavant sceptique vis-à-vis de l’intelligence artificielle. Cependant, dit-elle, je vois qu’il y a beaucoup de types d’IA qui sont développés à l’extérieur des géants de la technologie. L’IA développée par des scientifiques, pour de la recherche écologique, est un tout autre outil.
Les outils de l’IA qui ne sont pas développés pour la recherche écologique peuvent, quant à eux, avoir des conséquences nuisibles sur les efforts de protection de la faune, comme le dénonce The Fur-Bearers, un organisme de protection de la faune sauvage.
Qu'il s'agisse de diffuser des images inexactes ou trompeuses, ou encore du contenu non étayé par des preuves (voire purement inventées [...]), ces pratiques suscitent de sérieuses inquiétudes, affirme l’organisme par courriel.
Certains peuvent prendre une vidéo ou une image comme un fait parce que nous avons longtemps été habitués à voir des preuves photo et d’y croire, estime Gabriela De Romeri, qui travaille dans le programme WildSafeBC pour la BC Conservation Foundation.

Gabriela Di Romero travaille au soutien provincial pour le programme WildSafeBC.
Photo : Leanne De Romeri
Selon elle, toute forme de désinformation est une menace à la mission de WildSafeBC, qui consiste à améliorer la sensibilisation et l’éducation entourant les conflits et d'autres interactions entre animaux et humains.
Elle donne l’exemple d’une vidéo qui a circulé l’an dernier montrant des lapins sautant sur la trampoline d’une cour arrière (nouvelle fenêtre). Ce n’est pas un comportement que nous voyons chez les lapins sauvages. Cela n’a aucun rapport avec leur démarche naturelle, leurs mouvements, leur comportement et tout le reste.
Gabriela De Romeri affirme avoir vu différentes versions de la vidéo, dans lesquelles un ours sautait sur la trampoline, ou même un cheval. Beaucoup de choses qui ne sont pas physiquement possibles pour eux.
Même si l’IA est un merveilleux outil de sensibilisation, je crois que l’internet et surtout l’IA peuvent souvent déformer la gravité et la sévérité des enjeux de la biodiversité, croit Hamish van der Ven, professeur adjoint en gestion durable des ressources naturelles à l'Université de la Colombie-Britannique.

« Je pense qu'il y a certainement lieu d'envisager une réglementation plus stricte de l'intelligence artificielle à l'échelle mondiale », croit Hamish van der Ven, professeur adjoint en gestion durable des ressources naturelles à l'UBC. (Photo de courtoisie)
Photo : Université de la Colombie-Britannique / Faculté de foresterie et de gestion de l'environnement
Il reconnaît néanmoins qu’il y a plusieurs utilisations de l’intelligence artificielle pour la protection animale, comme les drones qui sont pilotés par l’IA pour protéger certaines espèces et pour identifier des espèces envahissantes.
De plus en plus, avec cette habileté de générer des photos et des vidéos réalistes, il devient plus difficile pour les utilisateurs individuels de déterminer ce qui est vrai et ce qui est généré par l’IA.
Or, d’après lui, les coûts environnementaux de ces outils doivent aussi être pris en considération. Les ressources matérielles nécessaires au fonctionnement de l'IA demandent énormément de ressources naturelles, comme l’eau pour refroidir les centres de données ou les minéraux critiques nécessaires à leur fabrication, dit-il.


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