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La Protection de la faune « sous respirateur artificiel » en Gaspésie

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Alors que le bureau de la Protection de la faune de Chandler devrait finalement rester ouvert, des manifestations citoyennes en faveur du maintien des bureaux se sont tenues à Causapscal et à Chandler, mercredi.

Plus de 150 personnes, élus, chasseurs et citoyens, se sont rassemblées dans le sud de la Gaspésie et dans La Matapédia. Plusieurs craignent que les bureaux ferment à la fin de leur bail annuel et que les agents soient délocalisés.

Fermer le bureau, ça n’a pas de bon sens, il s’en passe des choses dans le bois, vous n’avez pas idée!, lance Michel Brouillette. Le retraité connaît la forêt : il y a passé sa carrière en tant qu’agent de la faune.

Deux retraités de la Protection de la faune regardent l'objectif.

«On l’a tatoué sur le cœur, le bureau», affirme Michel Brouillette, à droite. Il est accompagné de Jocelyn Moreau, un autre retraité de la Protection de la faune.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

Panser une plaie ouverte

Contre toute attente, le bureau de protection de la faune de Chandler ne devrait pas fermer ses portes en juillet. La députée de Bonaventure et nouvelle ministre, Catherine Blouin, affirme qu’une solution a été identifiée afin de prolonger le bail, à l’issue d’une discussion avec la ministre de l’Environnement.

Cette démarche nous permettra de mettre en place une solution durable à long terme. Je demeure pleinement mobilisée pour garantir le maintien de services accessibles et de qualité pour notre communauté, affirme-t-elle dans une déclaration écrite.

La nouvelle ministre de l'Environnement Pascale Déry, quant à elle, n’a pas répondu à notre demande d’information.

Selon le maire de Chandler, Gilles Daraîche, la prolongation du bail d’une année n’est pas une garantie au long terme. Un an, ce n’est pas assez. C’est un pansement sur une plaie ouverte, réplique-t-il.

Tout comme le député de Matane-Matapédia, il demande à ce que le ministère de l’Environnement signe un bail de cinq ans avec les propriétaires des locaux qu’il utilise.

Quatre personnes se tiennent debout face à une foule, et le député Pascal Bérubé parle avec ses mains.

Le député Pascal Bérubé, ainsi que le président provincial du Syndicat des agents de protection de la Faune, Martin Perreault, ont participé aux deux mobilisations citoyennes. Ils ont pris la parole mercredi matin, accompagnés de Chantale Lavoie, préfète de la MRC de La Matapédia, et Odile Roy, mairesse de Causapscal.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

C’est le geste à poser pour montrer le sérieux de l'implantation de ces bureaux pour le long terme, soutient Pascal Bérubé. L’élu qualifie d’ailleurs le changement de position du gouvernement de démarche électorale.

De son côté, le bail de la Protection de la faune de Causapscal expire en février 2027. Odile Roy, la mairesse, ne veut pas songer à une éventuelle fermeture. On ne veut pas ça pour la Municipalité, je ne veux même pas y penser, ça va être horrible!

Odile Roy souriante devant une roulette du syndicat des agents de la faune.

Odile Roy est la mairesse de Causapscal.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

L’inquiétude persiste

Les agents de la faune installés dans la région sont moins nombreux que dans le passé, fait valoir Pascal Bérubé.

En 1992, il y avait plus de 25 personnes qui travaillaient [à Causapscal]. En 2017, on parle de huit personnes. Là, il en reste une, compte-t-il.

Parfois, de plus grands effectifs sont déployés, comme lors des opérations Panache. Si on fait des opérations d'envergure provinciale en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent, ce n’est pas normal qu'on commence à sabrer ici!, dénonce Martin Perreault, le président provincial du Syndicat des agents de la faune.

C'est incompréhensible, ce qu’il se passe. [...] Tout le monde est inquiet parce qu’il n’y a pas un bureau qui n’est pas susceptible de fermer ou d'être relocalisé. Causapscal, ça fait deux ans que c'est sur le respirateur artificiel. Chandler, la même chose.

Une vingtaine de personne écoutent quatre élus devan tune roulotte taguée «bureau de la faune menacé de fermeture».

Une quarantaine de personnes étaient présentes à Causapscal, mercredi matin, et plus d’une centaine en après-midi, à Chandler.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

L’engagement de la Protection de la faune étant de déployer plus d’agents au bon endroit et au bon moment, selon les enjeux fauniques et à l’aide de nouveaux outils et méthodes, ne convainc pas.

Plusieurs élus ont d’ailleurs adopté des résolutions au cours des derniers mois afin de demander le maintien de de leur bureau de la faune. C’est le cas du conseil municipal de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, ainsi que des élus de la MRC de La Matapédia, au mois de décembre dernier.

Un panneau de Ressources naturelles et Faune.

Selon Pascal Bérubé, le bureau de Protection de la faune de Causapscal est le plus ancien du Québec, apparu au 19e siècle.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

La préfète, Chantale Lavoie, soutient que la couverture planifiée par le District de l’Est n’est pas une solution viable. Elle affirme qu’il faut une présence continue sur le territoire afin d’être efficace.

Quand on roule un petit peu trop vite et qu’on voit un char de police, ça nous fait ralentir. Bien c'est le même effet sur le terrain, si on n'a plus d'agent de la faune qui se promène sur le territoire.

Elle invite également le ministère de la Faune à présenter sa stratégie de Protection de la faune aux communautés de la Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

Michel Brouillette, retraité de la Protection de la faune, confirme ses propos. Le plus gros des enquêtes que j'ai faites, c'est parce que c’est du monde que j’ai rencontré dans le bois, pas en étant assis dans le bureau à remplir de la paperasse, affirme-t-il.

Son ancien collègue, Jocelyn Brouillette, ajoute qu’un territoire de 7000 km2 prend des années à connaître, et que l’expertise locale, ainsi que la relation de confiance entre les agents et la population, doivent être maintenues.

Bien que les bails restent en vigueur pour la prochaine année, plusieurs songent à poursuivre leur mobilisation.

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