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Les employés de La Presse canadienne célèbrent cette semaine le 75e anniversaire du Service français de l’agence de presse, dont les premières dépêches ont été transmises le 30 septembre 1951.
Jusque-là, sa maison mère, The Canadian Press, fondée en 1917, envoyait aux journaux francophones des dépêches en anglais que ceux-ci traduisaient. En inaugurant un service en français, La Presse canadienne devenait la première agence de presse bilingue au monde.
Dans les premières années, le Service français de La Presse canadienne était essentiellement un service de rédaction et de traduction des textes du Service anglais, avec très peu de reportages sur le terrain à l’exception des collines parlementaires à Ottawa et à Québec, où il avait ses propres correspondants.
Mise sur pied sous forme de coopérative, la PC – comme elle est souvent désignée dans le milieu de l’information – produisait 30 000 mots par jour pour les neuf journaux du Québec et Le Droit d’Ottawa.
En 1954, le journal L’Évangéline, de Moncton au Nouveau-Brunswick, devenait le 11e membre à se joindre à la coopérative et L’Action catholique de Québec venait s’ajouter deux ans plus tard.
Du modèle coopératif à l’entreprise privée
Au fil des ans, le Service français de La Presse canadienne s’est établi comme un véritable organe de presse d’ampleur nationale avec ses journalistes sur le terrain et ses correspondants.
Les dépêches initialement transmises par télégraphe se sont transportées sur téléscripteur, permettant de passer de 66 mots par minute à 300. Lorsque la PC s’est tournée vers les satellites, sa vitesse de transmission est alors passée à 19 200 mots à la minute. L’informatisation et l’arrivée d'Internet à la fin des années 1990 ont fait tomber les limites de transmission.
La crise des médias et le départ de Québecor de la coopérative ont finalement amené l’entreprise à délaisser le modèle coopératif et à se transformer en une société privée détenue à parts égales par le quotidien La Presse, The Globe and Mail et Torstar.
Au cours de ces 75 ans d’histoire, les artisans de la PC se sont démarqués lors de la couverture d’événements majeurs. Qu’il s’agisse des nombreuses élections fédérales et provinciales, des référendums et d’innombrables moments marquants au Québec, au Canada ou à l’étranger.
La Presse canadienne, avec ses reporters sur le terrain et ses journalistes affectés aux différents pupitres, s’est toujours distinguée par sa vitesse à réagir aux événements sans sacrifier la précision de l’information.
Sur le terrain pour les autres médias
Parmi les moments marquants couverts par l’agence de presse, on compte notamment la crise d’Octobre (1970), les Jeux olympiques de Montréal (1976), le drame de Polytechnique (1989), la crise d’Oka (1990), la dernière Coupe Stanley du Canadien (1993), la crise du verglas (1998), le printemps érable (2012), la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic (2013), l’attentat de la grande mosquée de Québec (2017), la pandémie de COVID-19 (2020 à 2022) et l’attaque au camion-bélier à Amqui (2023).
La Presse canadienne a également délégué des journalistes à travers le monde lors des Jeux olympiques, des correspondants en Afghanistan lorsque le Canada y avait stationné des troupes et offert à ses membres et abonnés des reportages lors des funérailles de Maurice Richard, de Pierre Elliott Trudeau et de Guy Lafleur, célébrées à Montréal.
Ces couvertures de La Presse canadienne ne sont qu’un minuscule échantillon du travail réalisé par l’agence, travail qui permet à l’ensemble des médias francophones membres ou abonnés à ses services de pouvoir informer leurs auditoires sur des événements qui se déroulent hors de leur territoire de couverture.
Tous les grands médias francophones ont parmi leurs employés des journalistes qui sont passés un jour par La Presse canadienne, qui a aussi eu quelques plumes célèbres aux tout débuts du Service français, dont les poètes Alfred DesRochers et Olivier Marchand, l’essayiste Jean Lemoyne, le chroniqueur Guy Fournier, l’humoriste et scénariste Carl Dubuc, ainsi que le journaliste Michel Roy, qui allait occuper par la suite des postes de direction au Devoir et à La Presse.


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