Première cartouche, le 18 septembre, Emmanuel Macron alertait solennellement tous les patrons de partis qu’il avait convoqués à l’Elysée. La dégradation de la situation internationale, autour de l’Iran et surtout de la Russie, allait continuer à impacter de plus en plus durement les Français.
Résultat: ces invités ressortaient tous plus graves les uns que les autres. L’union nationale était de mise et le ton moins critique que d’habitude en ces temps de campagne présidentielle. Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont même sentis obligés de publier un long communiqué pour affirmer qu’ils ne toléreraient «jamais qu’une puissance étrangère, en l’occurrence la Russie, puisse espérer dicter» la politique française «par l’intimidation». Il faut dire que le parti à la flamme a un long passif de proximité avec Poutine qui pourrait coûter cher à sa candidate si les tensions devaient prendre un tour plus violent en pleine campagne électorale.
Lire aussi: Macron alerte tous les partis «face à la dégradation internationale» (et à l’explosion durable des prix de l’essence)Et puis, deuxième cartouche, ce jeudi, Emmanuel Macron va insister face aux Français en accordant une grande interview au 20h. Là, c’est Edouard Philippe qui est perturbé. Ce soir-là, dans une émission sur France 2, il devait longuement exposer sa vision, notamment à propos des retraites, sujet ultrasensible qui pèse sur sa campagne depuis qu’il a laissé entendre qu’il envisageait une nouvelle augmentation de l’âge de départ. Difficile de peser avec les sujets de politique intérieure face à ces bruits de bottes.
D’autant qu’entre-temps à New York, pour l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron aura croisé Donald Trump et les grands de ce monde afin de longuement discuter des conflits qui tendent la planète.
Lire également: L’histoire montre qu’un an avant la présidentielle, le brouillard demeure toujoursOn voit bien comment, que ce soit volontairement ou non, en se remettant au cœur du jeu politique français face à une situation internationale qui dégénère, Emmanuel Macron percute les agendas des favoris à l’élection présidentielle. L’international est par tradition le domaine réservé du président, et Dieu sait à quel point la géopolitique est en état d’urgence absolue. Mais au-delà des légitimes et prioritaires réactions aux urgences mondiales du moment, ce retour en force du grand chef des armées montre bien combien, d’un point de vue politicien et intérieur, cette campagne électorale pourrait être bouleversée par des perturbations venues d’ailleurs. Le chemin qui peut parfois sembler tout tracé des favoris et des sondages ne demande qu’à partir en vrille. Il est à un drone mortel de la sortie de route.
La chronique précédente: Et si Annemasse était surtout l’illustration des problèmes de la France

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