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La Première Nation de Peguis poursuit son ancien chef, Glenn Hudson, pour avoir manqué à son devoir d’agir dans l'intérêt de la communauté et d'en avoir bénéficié financièrement. Les nombreuses allégations ont été déposées vendredi à la Cour du Banc du Roi.
Le document de 29 pages allègue que l’ancien chef serait coupable de plusieurs délits, dont pratiques frauduleuses, détournements de fonds et collusion. On y lit qu’il aurait utilisé l’argent de la Première Nation comme si c’était le sien avec un éventail de décisions financières risquées durant ses 14 années en tant que chef.
Aucune allégation n’a été prouvée en cour et aucune déclaration de la défense n’a été déposée pour l’instant.
La déclaration officielle affirme que la corruption de l’ancien chef continue d'avoir des effets sur la communauté : La Nation a subi une perte financière considérable, une atteinte à sa réputation et une perte de l’intégrité de sa gouvernance.
Glenn Hudson a été chef de la Première Nation la plus populeuse du Manitoba de 2007 à 2015, puis de 2017 à 2023 avant de perdre lors de l'élection face au chef actuel, Stan Bird. Celui qui est aussi actionnaire et directeur de plusieurs sociétés de la Première Nation conteste encore à ce jour les résultats de cette élection.
L’ancien chef a affirmé samedi que la poursuite était frivole et n’avait pour but que d’influencer les prochaines élections.
La poursuite ne précise pas la somme de l’indemnisation et demande au tribunal de retracer tout argent, propriété ou autres avantages dont aurait profité Glenn Hudson en manquant à son devoir.
De meubles et véhicules coûteux
Selon le document, 700 000$ ont été dépensés en essence durant l'exercice financier de 2021-2022. La Nation de Peguis allègue que M. Hudson a utilisé une carte de crédit commune pour faire des cadeaux et encourager les membres de la bande à lui envoyer leur facture d’essence.

La Première Nation de Peguis est la plus populeuse au Manitoba.
Photo : Radio-Canada / Travis Golby
La déclaration ajoute que Glenn Hudson aurait aussi facturé à la communauté des meubles, des véhicules, des frais de télécommunication et des frais juridiques. Le tout pour sa famille, des associés et lui-même.
Les allégations soulignent aussi plusieurs détournements de fonds. En 2023, c’est 30 000 $ pour la construction d’un monument pour les survivants des pensionnats qui serait allé dans ses poches et jusqu'à 250 000 $ de l'Hôpital Percy E. Moore aurait été utilisé pour couvrir les déficits de la Nation à au moins trois reprises.
Des millions en contrats avantageux
Selon le document, Glenn Hudson aurait attribué, ou fait attribuer par la Première Nation, des contrats de construction à des entreprises dans lesquelles il avait des intérêts financiers ou commerciaux. Des contrats accumulant au moins 20 millions de dollars auraient été accordés à la firme Ayshkum Engineering Inc. que M. Hudson a dirigée et cofondée.
En 2013, l’ancien chef aurait aussi poussé la Première Nation à utiliser 22 millions de dollars pour investir dans l'hippodrome Assiniboia Downs à Winnipeg. Il n’a toutefois pas été dévoilé qu’il était directeur d’une compagnie qui a reçu 935 000 $ pour avoir prétendument organisé le financement de l’achat.
La Nation de Peguis allègue aussi que Glenn Hudson a agi dans son propre intérêt en utilisant leur fonds en immobilier pour acheter une terre sur le croissant Crescent à Winnipeg pour 350 000 $ avant de la revendre à un parti tiers pour du profit.
La Nation lui reproche d’avoir fait des emprunts de 95 millions de dollars avec des taux d'intérêt de 11 % en 2017. Environ 10 millions de dollars de ces prêts seraient allés dans une boutique de cannabis sans expliquer l'intérêt de celle-ci.
Les personnes qui soulevaient des préoccupations ont été soit licenciées, soit déguisées ou ont été mutées à d'autres postes.
La déclaration allègue que Glenn Hudson a créé un environnement où la loyauté était récompensée et les procédures ou les regards indépendants étaient découragés.
Une campagne négative
Dans une publication Facebook samedi, l’ancien chef se défend et rejette les allégations qu’il qualifie de frivoles.
Il a ajouté par texto lundi qu’il s'agit d'une campagne négative à son égard de la part du chef actuel Stan Bird. En tant que Première Nation, nous devons rester concentrés sur les résultats positifs pour la population au lieu de nous attaquer et de nous diffamer, a-t-il ajouté.
Stan Bird a précisé par Facebook vendredi, que la décision de lancer cette poursuite n’avait pas été prise à la légère.

Le chef actuel, Stan Bird, explique ne pas avoir pris cette décision à la légère. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine
Avec les informations de Bartley Kives


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