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La petite fromagerie qui rêve de conquérir le Québec avec son yogourt

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Il est 6 h. Trois employés de la ferme Boréalait, à Saint-Félix-de-Dalquier, près d’Amos, brassent déjà du yogourt pasteurisé la veille pour y ajouter des fruits lorsque commence notre visite des lieux.

C’est le mardi matin, aux deux semaines, que la petite équipe de la fromagerie artisanale ajoute des confitures de fruits à son yogourt, pour créer des saveurs comme aux fraises, aux framboises et aux bleuets.

Seulement pour cette dernière saveur, l’une des plus populaires, 85 litres de yogourt sont produits aux deux semaines. [Aux] bleuets, c’est la seule confiture qui est vraiment faite ici. On a un congélateur plein de bleuets. On a des personnes qui nous en apportent quand c’est la saison, souligne Valérie Samson, cheffe de la production chez Boréalait.

Valérie Samson sourit à la caméra en versant du yogourt aux bleuets dans un contenant.

Valérie Samson a montré à Radio-Canada le processus de fabrication du yogourt qui fait la renommée de Boréalait.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

Le yogourt est en train de devenir le moteur du développement de la fromagerie située à même la ferme laitière menée par Evelyne Rancourt et Benoit Larochelle en bordure de la route 109, près d’Amos. Il faut dire que c’est le yogourt qui a convaincu Evelyne Rancourt de se lancer dans la production laitière il y a plusieurs années.

J’étais allée en Europe quand j’avais 25 ans, en voyage, et j’étais tombée en amour avec le yogourt. C’est pour ça qu’on l’a fait. L’idée de base, moi c’était le yogourt. C’est mon dada à moi. Le yogourt a une place spéciale dans mon cœur, rappelle la copropriétaire.

Il y a encore du gel au sol en ce 12 mai à notre arrivée à la ferme où le couple vit avec ses cinq enfants. Evelyne nous accueille pour visiter l’usine avant que Valérie Samson et son équipe nous montrent comment ils brassent, mettent en pots et étiquettent le yogourt aux bleuets.

Une cuve de pasteurisation de lait au chocolat.

Le lait au chocolat de Boréalait est aussi très apprécié du public.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

Moi j’arrive à 3 h, le matin. Quand j’arrive, je fais le lait et le lait au chocolat. Pendant que ça pasteurise, je fais des mélanges de yogourt. D’habitude, j’ai le temps de faire le mélange de yogourt aux fraises avant que Kim et Félix arrivent, et quand ils arrivent ils vont faire tout le reste pour m’aider. On va finir d’empoter tout le yogourt avant de faire la production de lait et de lait au chocolat, raconte la cheffe de production.

Deux employés de Boréalait avec des contenants de yogourt.

La fabrication de yogourt, de fromage et de lait chez Boréalait repose sur une équipe de trois à quatre personnes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

Ce qui est le plus frappant en entrant dans le local de la fromagerie, c’est de voir à quel point les produits sont encore faits à petite échelle, à la main, malgré le succès grandissant de Boréalait. Les fruits sont ajoutés au yogourt à l’aide d’un fouet, puis le mélange est versé dans des pots de plastique de 500 millilitres.

Les clients aiment beaucoup le fait que ce soit fait ici, que ce soit petit. Que ce soit fait frais et avec amour. C’est moi qui le fais presque depuis le début, c’est moi qui les fais tous, et j’adore mon travail.

De l'Abitibi à Montréal

Même s’il est encore produit de façon artisanale, c’est le yogourt qui a permis à l’entreprise de sortir des frontières de l’Abitibi-Témiscamingue et de se retrouver sur les tablettes des supermarchés Tau, dans la région de Montréal et des environs, à plus de 600 kilomètres de ses installations.

On a commencé un partenariat avec un distributeur, explique Evelyne Rancourt. Ici, on assure nous-même la distribution, donc c’est nous qui s'occupons de la distribution du nord du sud. Mais pour sortir de la région, c’est un peu plus compliqué, donc on fait affaire avec Fromages CDA, qui ont accepté de nous représenter et nous distribuer.

Evelyne Rancourt tient six contenant de yogourt de différentes saveurs empilés dans ses mains.

Le yogourt de Boréalait existe en six saveurs, le projet chouchou de la copropriétaire Evelyne Rancourt.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

Les yogourts au miel à l’érable, qui se conservent plus longtemps, sont donc disponibles dans les marchés Tau, auprès des marchés végétariens du groupe Épicia et dans quelques marchés du secteur de Repentigny et Mascouche.

On est en train de développer ça tranquillement, c’est pour ça qu’on fait des événements pour le faire goûter, pour le faire connaître. La réceptivité est super bonne. Notre but, ce n’est pas d’être mur à mur dans tous les IGA du Québec, on ne serait pas capables de faire ça de toute façon. Mais on aimerait quand même élargir, consolider quelques places, souligne Evelyne Rancourt.

Evelyne Rancourt se permet de voir grand pour sa petite entreprise. D’autant plus que certains de ses fils adolescents ont un intérêt pour la production laitière.

Six contenants de yogourt empilés en pyramide sur le comptoir de la boutique de Boréalait.

Le yogourt de Boréalait est produit nature, au miel, à l'érable, aux fraises, aux framboises et aux bleuets.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

Je suis très contente, je suis très fière de ce qu’on accomplit là. J’ai encore du mal à dire que je veux devenir la référence en yogourt au Québec. Je trouve que ça prend beaucoup d’humilité pour avancer dans ce milieu-là, dans le sens que, pour moi, Boréalait, c’est une extension de moi-même, affirme-t-elle.

Malgré certains refus, elle persévère dans cette volonté de développement.

À combien de portes on cogne et on fait goûter, et on pense qu’il va se passer quelque chose. Pour un oui, on se fait dire je ne sais pas combien de non. C’est pour ça que je dis que ça prend beaucoup d’humilité. Mais oui, c’est un rêve pour nous de développer ça, de le sortir de la région, de faire rayonner l’entreprise, de faire rayonner la région, avance-t-elle.

Une employée de Boréalait verse du yogourt aux bleuets dans un contenant.

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Le yogourt de Boréalait est maintenant vendu dans certains marchés à l'extérieur de l'Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

L'avantage des vaches Jersey

Avec 75 têtes de bétail et une production de 400 litres de yogourt aux semaines, l’entreprise est actuellement distribuée de Matagami à Ville-Marie, dans une quarantaine de points de vente. Si elle souhaitait s’investir à fond dans la distribution de son yogourt, Boréalait pourrait par exemple passer à une production hebdomadaire ou augmenter la production à 500 litres.

Trois vaches Jersey dans une étable.

Le troupeau de la ferme Boréalait compte 75 vaches Jersey.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

On peut tasser des productions qu’on fait actuellement pour faire de la place au yogourt, si c’est vraiment le chemin qu’on désire prendre et si la demande est là, ajoute Evelyne Rancourt.

Elle évalue également la possibilité d’agrandir son troupeau. Les vaches Jersey font d’ailleurs le secret de son yogourt plus crémeux.

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