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Est-il encore possible de rêver à l’heure où l’automobile s’électrifie ? Les puristes répondront tous en chœur que non et je dois dire que je suis un peu d’accord avec eux… Mais pas forcément pour les mêmes raisons. Réponse dans l’édito de la newsletter Watt Else du 15 janvier.
La plupart des amoureux de l’automobile s’accordent pour dire que leur passion est sur le déclin. Si la jeunesse (ceux plus jeunes que moi donc moins de 27 ans) s’y réintéresse grandement, l’industrie ne suit pas trop la même tendance. Indissociable du moteur thermique et des grosses cylindrées, le plaisir de conduire et la flamme pour les engins à quatre roues s’éteignent peu à peu.
Pour autant, je fais partie de ceux qui pensent qu’on peut encore avoir des sensations et prendre son pied au volant d’une voiture électrique. Mais pour cela, il faut que les constructeurs se réveillent.
Séduire les puristes : un défi de taille
En étant tout à fait honnête, cet édito m’est venu à l’esprit comme un flash. Le point de départ ? Les prototypes spectaculaires de voitures électriques présentés par Dreame au CES 2026 de Las Vegas. Pour ceux qui ne connaissent pas, on parle d’une marque chinoise spécialisée dans… les aspirateurs ou encore les sèche-cheveux. C’est quoi la suite, les stylos Bic vont se mettre aux SUV ?
Bon, je m’emporte, mais le propos est là : la fin de la passion automobile s’illustre déjà par le fait que n’importe qui pense pouvoir clamer être constructeur de voitures. Attention, je ne parle pas ici de véhicules « pour monsieur et madame tout le monde ». Les voitures de Dreame ont certes une puissance mirobolante (près de 2 000 ch) et un look ultra-agressif de supercar, elles ne dégagent absolument rien.

Contrairement à son homologue Xiaomi, il n’y a pas grand-chose derrière, peu d’ambitions. Et il ne faut pas non plus oublier qu’il s’agit de vulgaires copies Wish de Bugatti. Ne pas faire rêver, c’est quand même un comble pour une marque qui s’appelle Dreame…
Quelques électriques seulement me font vibrer
Hormis quelques rares exceptions, aucun constructeur n’arrive de nulle part et vous fait instantanément chavirer. Une réputation, un engouement, ça se construit. Alors que même des marques de prestige comme Porsche peinent à séduire les puristes, animer la passion automobile à l’ère électrique est une tâche des plus complexes.
Il y a quand même un constructeur qui a réussi l’exploit et il revient tout le temps dans ce débat : Hyundai. Avec son engin Ioniq 5 N, le Coréen a secoué la sphère auto en 2024. C’est simple, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusé avec une voiture toutes énergies confondues.

Et en 2025 ? Je dois avouer que j’ai eu pas mal de gros coups de cœur pour des voitures électriques : Alpine A290 et A390, Mini John Cooper Works E ou encore Tesla Model 3 Performance. Mais, me font-elles vraiment rêver au point de me dire « un jour, j’en aurai une » ? C’est moins sûr (sauf peut-être la Tesla qui est un véritable missile polyvalent).
Le rêve existe-t-il alors vraiment avec les voitures électriques ? Oui, seulement, il faut se tourner vers l’exceptionnel. La Rimac Nevera me fait terriblement fantasmer, tout comme la Pininfarina Battista. Des bolides hors de prix (plus de 2 millions d’euros) aux performances ahurissantes dont je m’imagine bien prendre le volant. Entre les deux strates — dans les 100 000 à 500 000 euros — l’offre « rêve » est quasi inexistante. À part une Rolls-Royce Spectre, on trouve plus souvent des gros SUV luxueux ou des berlines affûtées (Porsche Taycan, Lotus Emeya, Tesla Model S Plaid…).

Le serpent se mord la queue puisque peu de gens achètent de voiture électrique « plaisir » car il y en a peu, donc les constructeurs ne développent pas de modèles sportifs ou exclusifs et ainsi le rêve automobile disparaît progressivement.
Place à l’IA et la conduite autonome
En 2026, le plaisir de conduire est loin d’être la priorité, bien au contraire. À en lire certains, le rêve est justement de ne plus prendre le volant. Tesla, BMW, Mercedes, sans parler des marques chinoises, accélèrent le pas de la conduite autonome et de l’intelligence artificielle à bord. Ayant quand même un gros côté technophile, je ne suis pas insensible à ces progrès. Seulement, je préférais qu’ils cohabitent plutôt qu’ils ne prennent le dessus.

Au fond, nous les passionnés automobiles ne sommes qu’une infime partie des automobilistes. La plupart s’en moquent d’avoir le poil hérissé quand ils conduisent, ce qui compte c’est d’arriver à bon port confortablement. Le rêve automobile prend fin pour nous, mais débute pour d’autres.
Pour aller plus loin
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