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Culture 23/05/2026 21:18 Actualisé le 23/05/2026 21:51
« Fjord » de Cristian Mungiu a reçu la Palme d’or lors de la cérémonie de clôture. Il succède à « Un simple accident » de Jafar Panahi.
Clap de fin sur la Croisette. La 79e édition du Festival de Cannes est officiellement terminée. La cérémonie de clôture, diffusée en direct sur France 2, a mis fin à douze jours de petits et grands moments de cinéma. Les neuf membres du jury, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, ont délibéré après avoir vu les 22 longs-métrages en compétition dans la sélection officielle.
En dehors des salles obscures, le festival a cette année surtout été marqué par la pétition contre « l’emprise grandissante » de Vincent Bolloré sur le cinéma français, signée par plus de 3 500 artistes à ce jour, et les menaces de boycott du patron de Canal+ en représailles.
Un éléphant dans la pièce qui a été mentionné à demi-mot par la maîtresse de cérémonie avant la distribution des palmes. Eye Haïdara a affirmé que cette édition avait rassemblé : « deux de nos passions françaises, celle pour le cinéma, et celle pour les débats enflammés », appelant à « laisser la parole aux films » le temps d’une soirée.
Doubles prix d’interprétation
Sur la scène du Grand Auditorium Louis Lumière au Palais des Festivals, la remise de prix s’est déroulée sans encombre. Isabelle Huppert a remis une Palme d’or d’honneur à distance à l’icône de Broadway Barbra Streisand, qui n’avait pas pu faire le déplacement suite à une blessure.
Les prix d’interprétation féminine et masculine ont cette année tous les deux été attribués à un duo : Virginie Efira et Tao Okamoto pour leur performance dans Soudain de Ryusuke Hamaguchi, et Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour Coward de Lukas Dhont.

SAMEER AL-DOUMY / AFP
Virginie Efira n’a pas caché son émotion en recevant le prix d’interprétation féminine en duo avec Tao Okamoto au Festival de Cannes 2026.
L’actrice belge Virginie Efira n’a pas retenu ses larmes en recevant sa palme d’interprétation, remerciant chaleureusement le réalisateur japonais, l’actrice avec qui elle partage l’écran et son « amour » Niels Schneider, présent dans le public.
Nouvelle Palme d’or pour Cristian Mungiu

SAMEER AL-DOUMY / AFP
Cristian Mungiu a rejoint le club très fermé des réalisateurs ayant reçu deux Palmes d’or.
La réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambode a reçu la Caméra d’Or pour Ben’imana, remise chaque année au meilleur premier film, toutes sélections confondues, hors ACID. Très émue, elle a remercié le festival de « donner des ailes à nos premiers pas ».
Enfin, la très attendue Palme d’or a été remise par Tilda Swinton à Cristian Mungiu pour Fjord, qui succède à Un simple accident de Jafar Panahi. Le réalisateur roumain avait déjà reçu une Palme d’or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Dans Fjord, Renate Reinsve et Sebastian Stan interprètent un couple roumano-norvégien très religieux, aux valeurs traditionnelles, soupçonnés de maltraitance lorsque des enseignants découvrent des bleues sur leur fille aînée. Un film qui invite à questionner le danger des préjugés.
« Les sociétés aujourd’hui sont fracturées, radicalisées. Ce film, c’est un engagement contre toute forme d’intégrisme », a déclaré Cristian Mungiu dans son discours. « C’est un message pour la tolérance, l’inclusion, l’empathie. Ce sont des termes magnifiques que nous aimons tous mais il faut les appliquer plus souvent », a-t-il conclu sous les applaudissements de la salle.
Le palmarès complet
Palme d’or : Fjord de Cristian Mungiu
Grand prix : Minotaure d’Andrei Zvyagintsev
Prix d’interprétation féminine : Virginie Efira et Tao Okamoto dans Soudain
Prix d’interprétation masculine : Emmanuel Macchia et Valentin Campagne dans Coward
Prix du jury : L’aventure rêvée de Valeska Grisebach
Prix de la mise en scène : Javier Ambrossi et Javier Calvo pour La bola negra et Paweł Pawlikowski pour Fatherland
Prix du scénario : Notre Salut d’Emmanuel Marre
Caméra d’or : Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo
Palme d’or du court-métrage : Aux adversaires (Para los contrincantes) de Federico Luis


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