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Commercer avec les colonies israéliennes pourrait bientôt coûter jusqu’à trois ans de prison en Norvège.
Présenté le 19 juin 2026, le projet est encore en consultation jusqu’au 19 septembre. Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, estime désormais que les arguments en faveur du texte se sont encore renforcés et s’attend à son adoption par le Parlement.
Commerce, immobilier, construction : Oslo veut fermer le robinet
Le dispositif va bien au-delà d’un simple boycott des produits provenant des colonies. Il prévoit d’interdire l’importation de marchandises originaires des colonies israéliennes et l’exportation de produits à leur destination.
Il deviendrait également interdit d’acheter des biens immobiliers dans ces colonies, de fournir certains services liés à leur construction ou à leur rénovation, ainsi que de participer à l’achat ou à la vente de ces biens. L’acquisition de parts dans une entreprise ayant à la fois son siège et sa production dans une colonie serait également visée.
Les activités humanitaires et certaines opérations présentant un lien suffisamment clair avec l’économie palestinienne seraient en revanche protégées par des exceptions.
Trois ans de prison pour une violation volontaire
C’est évidemment la partie la plus spectaculaire du projet. Une personne qui enfreindrait volontairement les interdictions pourrait être condamnée à une amende, à une peine pouvant atteindre trois ans de prison, ou aux deux. Une violation commise par négligence pourrait entraîner jusqu’à six mois de prison.
Autrement dit, Oslo ne veut plus simplement conseiller à ses entreprises d’éviter les colonies. Le gouvernement entend rendre pénalement risqué le fait de participer à leur fonctionnement économique.
Le volume commercial concerné reste pourtant réduit. Espen Barth Eide cite notamment du vin et certains produits agricoles. L’enjeu est donc largement politique : faire entrer dans le droit norvégien les conséquences concrètes d’une occupation et d’une colonisation condamnées depuis des années par les institutions internationales.
La Cour internationale de Justice a rappelé en juillet 2024 que les colonies israéliennes de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, ainsi que le régime qui leur est associé, sont maintenues en violation du droit international. Elle a également estimé qu’Israël devait cesser toute nouvelle activité de colonisation.
Israël proteste, Oslo assume
L’ambassade d’Israël en Norvège a vivement attaqué le projet, accusant Espen Barth Eide d’un militantisme « anti-Israël » obsessionnel. Réponse du ministre : selon lui, les accusations d’antisémitisme utilisées contre les pays occidentaux qui critiquent les violations du droit international ne produisent plus le même effet.
Le contraste devient difficile à ignorer. Tandis que la colonisation progresse en Cisjordanie et que certains responsables israéliens revendiquent ouvertement une extension territoriale, la Norvège choisit d’agir sur l’un des nerfs du problème : l’argent.
Cette décision intervient également alors qu’Amnesty International continue de qualifier de génocide les actes commis par Israël contre les Palestiniens de Gaza. Pour les défenseurs du projet de « Grand Israël », le texte norvégien a donc un défaut majeur : il rappelle qu’une colonie ne tient pas seulement avec des soldats et des bulldozers, mais aussi avec des banques, des entreprises, de l’immobilier et du commerce.


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