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La mortalité naturelle des arbres a fortement augmenté en France ces dix dernières années

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Par Le Figaro avec AFP

Le 9 juillet 2026 à 09h59

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L’augmentation de la mortalité naturelle est particulièrement notable depuis 2020.

L’augmentation de la mortalité naturelle est particulièrement notable depuis 2020. michel / ADOBE STOCK

Les vagues de chaleur exceptionnelles de 2026 vont «assez probablement» accélérer le phénomène, préviennent des chercheurs.

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La mortalité naturelle des arbres a fortement augmenté en France entre 2015 et 2023, une conséquence de l'accumulation des anomalies climatiques saisonnières, révèle jeudi le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). «C'est la première fois qu'une étude se penche sur la mortalité naturelle des arbres au niveau national, et elle confirme les remontées des divers acteurs», souligne auprès de l'AFP Agnès Pellissier-Tanon, chercheuse au LSCE et coautrice de l'étude.

Parmi les neuf essences d'arbres les plus communes en France, la mortalité naturelle - qui exclut la coupe humaine, les incendies ou les tempêtes - a augmenté de 1,5 à 4 fois entre 2015 et 2023, détaille l'étude, publiée dans la revue scientifique Nature Communications. L'augmentation est particulièrement notable depuis 2020. La mortalité naturelle du hêtre commun (plus de 9% des arbres en France) a plus que doublé entre 2019 et 2023, tandis que celle du châtaignier commun dépasse aujourd'hui les 2,5%.

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«Combinaisons d’anomalies climatiques saisonnières»

En analysant plus de 500.000 arbres issus de l'Inventaire forestier national (IFN) et en utilisant des modèles d'apprentissage automatique, les chercheurs ont découvert que l'augmentation de la mortalité était liée à des «combinaisons d'anomalies climatiques saisonnières» plutôt qu'à un seul événement extrême. Des anomalies accélérées par le réchauffement climatique, rappelle la chercheuse.

Résultat le plus «inattendu»: les printemps particulièrement humides - normalement jugés favorables aux arbres - combinés avec des étés secs, sont en réalité un accélérateur de mortalité. Si plus de feuilles poussent du fait d'un printemps favorable, l'arbre aura «besoin de plus d'eau» et sera «davantage pénalisé par un été sec», synthétise Agnès Pellissier-Tanon. Les hivers et les printemps anormalement chauds «favorisent la survie des ravageurs et perturbent la physiologie des arbres», supposent aussi les chercheurs.

Au total, près de la moitié des 52 espèces étudiées affichent une «hausse significative» de mortalité, avec des foyers particulièrement marqués dans le Jura, les Vosges et le Grand Est, «des régions où le réchauffement et l'assèchement se sont accentués depuis 1980», résument les chercheurs. Et les vagues de chaleur exceptionnelles de 2026 vont «assez probablement» accélérer le phénomène, explique Agnès Pellissier-Tanon, qui s'attend à voir une plus forte mortalité des arbres «dans un ou deux ans». Dans la forêt, «levez la tête et regardez la présence de feuilles» pour observer la santé des arbres, recommande-t-elle aux promeneurs.

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